Le choix de la production animale comme axe central de cette 18e édition n’a rien d’anecdotique. Il arrive après plusieurs années de sécheresse et dans un contexte de fragilisation du cheptel. À l’ouverture du salon, le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari, a rappelé le poids du secteur, qu’il présente comme stratégique dans la politique agricole du Royaume.
L’élevage représente près du tiers du PIB agricole, génère environ 35 milliards de dirhams de valeur ajoutée, assure 135 millions de journées de travail par an et constitue une source de revenu pour près de 1,2 million d’éleveurs, a-t-il indiqué.
Derrière le thème officiel, ce sont des sujets très concrets qui remontent à la surface, du cheptel à l’alimentation animale, de la santé des élevages à la sécurité d’approvisionnement, sans oublier la pression climatique qui a fragilisé les campagnes successives.
Dans sa récente communication autour du SIAM 2026, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) donne à cette lecture une portée plus large. Elle rappelle qu’au Maroc, l’élevage représente environ 38 % du chiffre d’affaires agricole et 60 % des emplois du secteur, ajoutant qu’“un élevage performant, inclusif, résilient et durable est la clé de la souveraineté alimentaire du Maroc”.
Vingt ans de montée en puissance
De 486 exposants et 555.000 visiteurs lors de la première édition, le SIAM est passé à plus de 1500 exposants et plus de 1,1 million de visiteurs attendus pour cette 18e édition
Cette 18e édition raconte assez bien ce qu’est devenu le SIAM. Créé en avril 2006 avec l’objectif de promouvoir l’agriculture marocaine, de favoriser les échanges entre professionnels du secteur et d’encourager l’innovation, le salon a très vite trouvé sa place. D’année en année, il réunit des exposants nationaux et internationaux représentant divers domaines liés à l’agriculture, à l’agroalimentaire, à la recherche, à la technologie et à l’élevage.
De 486 exposants et 555.000 visiteurs lors de la première édition, le SIAM est passé à plus de 1500 exposants et plus de 1,1 million de visiteurs attendus pour cette 18e édition, malgré une interruption imposée par la crise sanitaire entre 2020 et 2022.
Cet écart donne la mesure du changement d’échelle d’un rendez-vous qui n’est plus seulement un grand salon sectoriel, mais une plateforme désormais installée dans l’agenda agricole national et continental.
Le choix du Portugal comme pays à l’honneur s’inscrit dans cet ensemble. Selon le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, “ce choix consacre un partenariat stratégique solide, (…) autour des enjeux majeurs liés à la durabilité des systèmes agricoles, à la sécurité alimentaire et à l’adaptation aux changements climatiques.”
Les deux pays entendent explorer de nouvelles opportunités de partenariat, notamment dans les domaines de la recherche agronomique, de l’innovation, de la sécurité alimentaire et du développement durable des filières agricoles.
