Pendant trop longtemps, le transport funéraire à Casablanca a fonctionné dans un vide réglementaire propice aux abus. Des familles en deuil, souvent démunies face à l’urgence, se retrouvaient à la merci d’opérateurs peu scrupuleux, sans tarifs affichés, sans contrôle, sans recours. Ce temps pourrait bientôt être révolu. Le Conseil communal de Casablanca a finalisé un projet de cahier des charges destiné à encadrer la gestion déléguée de ce service sensible, en fixant des règles précises sur les véhicules, les prix, les horaires et les sanctions. Le texte est en attente d’adoption lors d’une prochaine session ordinaire du conseil communal.

Le document, consulté par TelQuel, s’appuie sur la loi organique 113.14 relative aux communes et sur la loi 54.05 concernant la gestion déléguée des services publics. Il entend donner à ce secteur un cadre juridique inédit, dans une dynamique plus large de structuration des services de proximité à Casablanca, où la qualité de la prestation et le respect de l’usager sont devenus des enjeux politiques.
Karim Glaibi, membre du conseil communal de Casablanca sous l’étendard du Parti authenticité et modernité (PAM), ne cache pas la portée symbolique de la démarche. Il qualifie ce projet de « charte éthique » destinée à imposer « la dignité du citoyen casablancais dans ses moments les plus difficiles ». Il y voit la future fin de ce qu’il appelle l’ère des « courtiers de crise » : ces intermédiaires qui prospèrent sur la détresse des familles endeuillées.
