« Innover ou mourir » de Khadija Aammou : un diagnostic sans concession sur les organisations à l'heure de l'IA

Dans "Innover ou mourir. Comment les visionnaires redéfinissent l'avenir à l'ère de l'IA", Khadija Aammou pose l'innovation comme condition de survie des organisations à l'heure de l'IA. Ancienne cadre de Nestlé et fondatrice de NidINNOVATION, elle ausculte les raisons pour lesquelles des organisations solides finissent par disparaître.

Par

[Contenu Telquel Impact Spécial Gitex]

Partout dans le monde, des géants économiques se sont effondrés en moins d’une décennie. Leur tort ? Avoir cru que l’avenir serait une prolongation du présent. C’est de ce constat que part Khadija Aammou dans Innover ou mourir : “L’innovation est d’abord un état d’esprit, une capacité à permettre à la structure d’une organisation de se transformer. Ce n’est pas juste un pilier stratégique, mais une condition de survie : soit on va avec, soit on disparaît”, explique cette spécialiste, qui a nourri sa réflexion d’une expertise accumulée pendant 25 ans dans le domaine. Son livre défend la thèse suivante : le problème face à l’innovation est rarement technique, mais relève de l’incapacité, de la part des organisations, à s’y adapter.

Ce que l’IA peut faire, et ce qu’elle ne fera jamais

Khadija Aammou distingue soigneusement invention et innovation : la première relève de la création, tandis que la deuxième consiste à transformer une idée en valeur réelle et durable. Autrement dit, “l’innovation part de l’humain, et va vers l’humain. Une collaboration constante entre intelligence humaine et intelligence artificielle ouvre tous les champs possibles”, défend Khadija Aammou. Dans un environnement économique et social instable, l’IA est un facilitateur de performance, à condition de savoir s’en saisir. A l’inverse, l’arbitrage, l’éthique, la créativité et l’intuition – paramètres indispensables à l’innovation – restent irréductiblement humains.

Le livre de Khadija Aammou documente et explique avec précision le retard des organisations face à ces transformations, et lance l’alerte suivante : “De grandes organisations disparaissent, non pas parce qu’elles n’ont pas de ressources, mais parce qu’elles refusent de s’adapter aux transformations qu’apporte l’innovation”. Les chiffres sont à l’appui : selon le cabinet spécialisé Korn Ferry, 40% des PDG mondiaux pourraient être remplacés si leur leadership tarde à s’adapter à cette nouvelle ère. Face à ce diagnostic, le livre de Khadija Aammou propose un cadre opérationnel, à placer dans les mains de toutes les organisations. D’une part, des questionnements stratégiques tout au long du livre qui permettent à toutes les organisations de se positionner par rapport à leur situation actuelle vis-à-vis de l’innovation et de la durabilité. D’autre part, le programme Innovation Orchestra, structuré sur 90 jours, qui vise à enclencher une transformation progressive dans n’importe quelle organisation. Tout au long du livre, des grilles d’évaluation permettent à chaque structure de situer sa maturité. La démarche s’étend à trois échelles : les territoires, pour lesquels l’innovation constitue un levier de développement économique ; les grandes entreprises, invitées à pratiquer l’open innovation en s’ouvrant à des universités et des startups ; les PME, pour qui elle représente un outil direct d’adaptation et de compétitivité. Le retard est réel, conclut Khadija Aammou, mais il est encore rattrapable.