L’Union européenne vient d’adopter la résolution 2797 comme nouveau référentiel sur le Sahara. Une victoire. Mais une victoire qui porte en elle les germes des batailles à venir. Car, dans ce dossier, la ligne d’arrivée ne se dessine toujours pas à l’horizon.
Ce jeudi 29 janvier, à Bruxelles, le Maroc a engrangé un succès diplomatique majeur. L’UE reconnaît désormais que la solution au conflit passe par le plan d’autonomie sous souveraineté marocaine. Vingt-sept pays alignés. Une unanimité acquise, que la diplomatie marocaine savoure à sa juste mesure… sans pour autant se reposer sur ses lauriers. Car cette victoire révèle malgré tout une certaine fragilité des équilibres. Et la nécessité, pour le Maroc, de rester offensif.
Premier constat : l’Europe n’a pas reconnu la marocanité du Sahara. Elle a choisi de s’aligner sur une résolution onusienne. La nuance est capitale. Car chaque année, lors du renouvellement du mandat de la Minurso, il faudra batailler pour sanctuariser les acquis. Chaque vote sera un combat. L’UE a lié son destin sur ce dossier à celui des Nations Unies.
L’Italie, qui a joué le jeu de l’Algérie, a tenté de bloquer cette avancée pendant des mois
Deuxième constat : les négociations ont révélé un bloc dissident plus coriace qu’attendu. La France et l’Espagne voulaient des mots explicites reconnaissant la marocanité du Sahara. Les pays nordiques réclamaient des précisions sur l’autodétermination. L’Italie, qui a joué le jeu de l’Algérie, a tenté de bloquer cette avancée pendant des mois. Résultat ? Une déclaration historique qui aurait pu marquer un véritable basculement a été revue à la baisse. Ces pays réfractaires n’ont pas disparu. Leurs réserves non plus.
Troisième constat : les adversaires du Maroc sont prêts à tout. La guérilla juridique ne s’arrêtera pas. Le Polisario a déjà déposé un recours fin décembre pour torpiller l’accord agricole. Les attaques devant la Cour de justice de l’UE (CJUE) continueront. C’est, pour le Front, une question de survie. Le seul outil qui lui permette d’exister aux yeux d’une certaine partie du monde. Et il ne lâchera pas.
L’Algérie, elle, usera de tous les ressorts à sa disposition pour bloquer une avancée marocaine. L’épisode italien en est l’illustration parfaite. Rome est pris en otage par sa dépendance au gaz algérien. Alger n’a pas hésité à utiliser ce levier pour tenter de bloquer l’évolution européenne. Il a fallu les efforts conjugués du Maroc, de la France et de l’Espagne pour que l’Italie finisse par s’aligner.
Face à un adversaire qui use de toutes les armes, il n’y a qu’une option : se montrer aussi dur. Voire plus
Les enseignements à tirer de cette séquence sont limpides. Dans le dossier du Sahara, l’autosatisfaction est un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre. Les succès de ces dernières années – reconnaissance américaine, ralliement français, résolution 2797 – sont le fruit d’une diplomatie offensive. Ils sont aussi le résultat de bras de fer assumés. Avec l’Espagne. Avec l’Allemagne. Avec la France. Ces confrontations ont payé. Elles ont démontré que le Maroc était prêt à assumer le coût de la défense de ses intérêts vitaux.
Il faudra maintenir cette posture. Voire la durcir. Car face à un adversaire qui use de toutes les armes, il n’y a qu’une option : se montrer aussi dur. Voire plus. La victoire acquise, ce jeudi, est une nouvelle étape vers la résolution du dossier du Sahara. Et la prochaine bataille a sans doute déjà commencé.
