Ce jeudi 29 janvier, devant le bâtiment Europa à Bruxelles, Kaja Kallas fait face à la presse. La 15e session du Conseil d’Association Maroc-UE débutera quelques minutes plus tard. Mais l’essentiel est déjà dit.
Une annonce sobre, en langage diplomatique. Mais qui sonne comme une révolution
La Haute représentante de l’UE lâche la phrase que Rabat attendait depuis des mois : « Cette réunion me donne également l’occasion de présenter formellement la nouvelle position de l’UE sur le Sahara. Ce changement reflète la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU d’octobre dernier. » Une annonce sobre, en langage diplomatique. Mais qui sonne comme une révolution pour un bloc qui s’est longtemps abrité derrière une neutralité de façade sur ce dossier.
Kallas enchaîne : coopération judiciaire avec Europol et Eurojust, droits de l’Homme, sécurité au Sahel, « expérience unique » du Maroc dans la lutte contre le terrorisme… « Le Maroc est déjà un partenaire important pour l’Union européenne et, en cette 30e année d’accord d’association, il est temps de faire beaucoup plus ensemble », conclut-elle.
Quelques minutes plus tard, Nasser Bourita prend la parole devant ses homologues européens. Le ministre des Affaires étrangères martèle la vision royale : passer « de la logique du voisin vers une logique d’allié ». Le Maroc, affirme-t-il, apporte à l’UE « une offre stratégique concrète : stabilité, complémentarité, compétitivité, croissance, connectivité et un pont vers le Sud de la Méditerranée et l’Afrique ».
Dès lors, il faut mesurer le chemin parcouru. En 2019, date du dernier Conseil d’Association, l’UE se contentait d’une position « datée » sur le Sahara, selon une source proche du dossier. Six ans et plusieurs bras de fer plus tard, les 27 s’alignent sur la résolution 2797 qui consacre le plan d’autonomie marocain comme base de solution. Retour sur les coulisses d’un basculement.
