TelQuel et Jankari Consulting lancent l’édition 2026 du Who’s Who des lauréats de l’INPT leaders du digital. Une nouvelle édition papier et digitale regroupant les profils inspirants de cette école publique réputée. Premier profil de cette nouvelle édition, celui d’Ilham Ikbal, diplômée en 2012. Elle forge son expertise pendant dix ans avant de fonder ElySec International, cabinet spécialisé en cybersécurité. Pionnière d’un domaine devenu stratégique, elle conseille aujourd’hui entreprises et institutions sur la sécurisation de leurs systèmes d’information.
En 2013, la cybersécurité au Maroc n’est qu’un mot creux. Peu d’entreprises comprennent les enjeux, encore moins y investissent. Les profils qualifiés se comptent sur les doigts d’une main. Ilham Ikbal fait partie de cette première vague.
Pur produit de l’école publique, elle décroche un bac technique électronique avant de rejoindre les classes préparatoires TSI à Mohammédia. En 2009, elle intègre l’Institut national des postes et télécommunications (INPT) à Rabat et obtient en 2012 son diplôme d’ingénieur en réseaux et télécommunications, avec une double diplomation à l’Institut national des sciences appliquées de Bourges (France), en sécurité des systèmes et réseaux.
Tout à bâtir
Elle rentre au Maroc dans un secteur qui n’existe pas encore vraiment. Premier poste chez Ynna Holding en 2013. Le groupe industriel investit dans la cybersécurité, un domaine encore balbutiant. « En 2013, c’était pas un domaine très très en vogue. Il y avait beaucoup de réticences, beaucoup d’incompréhensions », se souvient-elle. Son travail ne se limite pas aux solutions techniques. Son travail ne se limite pas aux solutions techniques. Elle forme autant qu’elle sécurise, du top management aux opérateurs, pour installer une culture sécurité.
Quatre ans plus tard, elle rejoint Orange Maroc comme responsable sécurité des systèmes d’information et réseaux. Le niveau de maturité est différent : tests d’intrusion sur les infrastructures télécoms, gestion des vulnérabilités, mise en conformité avec les standards internationaux du groupe. Elle pilote la mise en place de solutions de sécurité et construit les premiers process de gestion des incidents.
Changer d’échelle
En 2019, le groupe Idemia la recrute comme architecte en cybersécurité. Les projets sont d’une autre envergure : sécurisation de la carte d’identité nationale marocaine, du passeport mauritanien, de solutions de contrôle dans des aéroports internationaux. Elle intervient en amont, dès la conception, pour intégrer la sécurité au cœur des architectures. L’aboutissement technique de son parcours salarié. Mais l’appel de la liberté se fait sentir.
Elle quitte le salariat en 2021. Mais avant de lancer son propre cabinet, elle passe deux ans aux côtés de son frère dans une entreprise de BTP et courant faible. Une initiation précieuse à l’entrepreneuriat.
Le grand saut
Fin 2022, elle franchit le pas et fonde ElySec International. « Quand on monte sa boîte, c’est une restructuration personnelle qu’on fait, parce que c’est un mindset qu’il faut changer. »
Le premier client arrive facilement. Pour les autres, il faut prospecter, développer son réseau, composer avec une réalité : la cybersécurité reste un univers largement masculin. ElySec International se positionne sur l’accompagnement stratégique : gouvernance et gestion des risques, Secure by design, conformité, audits. Le cabinet conseille entreprises et institutions.
Son ambition dépasse les frontières marocaines : devenir une référence en Afrique et au Moyen-Orient. « Ce à quoi j’aspire, c’est être une référence de la cybersécurité au Maroc, en Afrique et au Moyen-Orient. Et si je peux être un rôle modèle pour les filles et les femmes, leur montrer qu’elles ont leur place dans ce secteur, j’aurais atteint ma mission”, conclut-elle.
