Découverte : six jardins marocains qui défient l’imaginaire

Au Maroc, les jardins ne sont plus de simples parterres ou des oasis de fraîcheur. Ils deviennent des espaces d’expérience, où la nature transformée dialogue avec l’art. Du nord au sud du pays, chacun raconte une histoire : les plantes éveillent la curiosité, captivent le regard, et les parcours invitent à la méditation ou à la flânerie.

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Le Jardin Anima près de Marrakech. Crédit: Jardin Anima

Le Maroc a toujours entretenu un rapport particulier avec les jardins. Autrefois, dans les riads et les palais, l’eau, le soleil et la géométrie guidaient les jardiniers, qui cherchaient l’équilibre entre utilité, beauté et symbolique. Aujourd’hui, de nouveaux jardins revisitent ces codes : des œuvres conceptuelles où les plantes sont la matière première, où des sculptures leur disputent parfois le premier rôle, et où chaque visiteur est invité à ralentir et à se laisser surprendre.

Oubliez le Jardin Majorelle. Trop connu, trop touristique, trop attendu. Cap sur six jardins méconnus ou récents, du plus exotique au plus graphique, du plus intimiste au plus artistique.

Le Jardin d’essais botaniques : au cœur de Rabat

Situé au centre de Rabat, le Jardin d’essais botaniques est un véritable havre de paix. Créé en 1914, il abrite plus de 1200 espèces de plantes venues du monde entier, offrant un cadre idéal aux passionnés de botanique comme aux promeneurs en quête de contemplation. Les allées ombragées et les zones humides invitent à la flânerie, chaque coin du jardin réservant une nouvelle découverte végétale. Plantes exotiques et locales s’y mêlent harmonieusement : les amateurs de photographie y trouveront leur bonheur.

Le Jardin d’essais botaniques de Rabat.Crédit: Visit Rabat

Le petit plus : 17 hectares de diversité botanique et de calme.

Le petit moins : certaines zones pourraient être rafraîchies, et l’entrée peut sembler un peu austère.

Entrée : 20 dirhams par adulte – gratuit pour les enfants de moins de 5 ans

Les Jardins de Bouknadel : un voyage exotique

À quelques kilomètres de Rabat, les jardins exotiques de Bouknadel offrent un véritable voyage hors du temps et des frontières. Palmiers géants, cactus impressionnants, plantes et fleurs rares nous transportent du Congo à la Polynésie, du Japon au Pérou, tandis que des bassins et cascades nous rafraîchissent et que les allées sinueuses et ombragées incitent à la détente. C’est le lieu parfait pour se sentir transporté loin de la ville et profiter d’un cadre photogénique.

Les Jardins exotiques de Bouknadel.Crédit: Jardinsexotiques.com

Le petit plus : l’immersion dans un univers végétal exotique et photogénique.

Le petit moins : l’affluence le week-end.

Entrée : 20 DH

Dar Al Hossoun à Taroudant : un jardin caché

Dar Al Hossoun est un garden lodge, méconnu des touristes comme des locaux, et un jardin de paradis situé à Taroudant. Fondé par les paysagistes français Eric Ossart (qui a grandi au Maroc) et Arnaud Maurières, il reflète la signature de deux créateurs unis par leur passion du végétal. Ce jardin se distingue par ses allées ombragées, ses plantes parfois très rares, venant des zones désertiques du monde, et ses petites sculptures décoratives. L’atmosphère est intimiste, presque méditative ; chaque coin est pensé pour dissimuler la main de l’homme, offrant une immersion dans une nature sauvage mais maîtrisée.

Le garden lodge Dar Al Hossoun à Taroudant.Crédit: Dar Al Hossoun

Le petit plus : le cadre intimiste et le charme local.

Le petit moins : il faut prendre une chambre au lodge ou déjeuner sur place pour visiter les jardins.

Cactus Thiemann : le plus graphique

À une vingtaine de minutes du centre de Marrakech, sur la route de Casablanca, se niche l’une des pépites végétales du pays : le jardin Cactus Thiemann. Fondé en 1964 par l’ingénieur agronome allemand Hans Thiemann, l’endroit s’étend sur environ 6 à 7 hectares et accueille plus de 150 variétés différentes de cactus, certaines atteignant près de dix mètres de hauteur.

Dès l’entrée, on est frappé par les silhouettes piquantes dressées vers le ciel, les alignements géométriques de succulentes, le contraste entre la lumière intense et l’ombre rafraîchissante. Cactus Thiemann n’est pas un simple jardin botanique, c’est un bel exemple de design végétal, chaque espèce est disposée pour créer des effets visuels, des motifs.  L’endroit évoque un décor de film, parfait pour les visiteurs en quête d’insolite. Entrée 120 DH.

Le jardin Cactus Thiemann près de Marrakech.Crédit: Cactus Thiemann

Le petit plus : la sensation d’évasion est immédiate.

Le petit moins : le prix de l’entrée et, contrairement aux jardins urbains, il faut prévoir taxi ou voiture pour y aller.

Jardin Anima : le plus artistique

Perché dans la vallée de l’Ourika, à proximité de Marrakech, le Jardin Anima est une véritable œuvre d’art à ciel ouvert. Créé par André Heller, il mêle sculptures, installations et végétation luxuriante sur plus de huit hectares. Chaque pas réserve une surprise, entre œuvres dissimulées, miroirs et installations inattendues, tout en offrant des vues spectaculaires sur l’Atlas. C’est un lieu où l’art dialogue avec la nature et où chaque visiteur devient explorateur. Entrée 60 DH.

Le Jardin Anima près de Marrakech.Crédit: Jardin Anima

Le petit plus : une expérience artistique et sensorielle unique.

Le petit moins : lui aussi est un peu éloigné de Marrakech.

Jardin Ocre : le plus design

À Marrakech, le Jardin Ocre, inauguré le 1er octobre par le Fairmont Royal Palm, s’étend sur 5 hectares et se distingue par son approche contemporaine. Avec ses 38 000 plantes et 250 espèces soigneusement sélectionnées, le lieu ravira les esthètes du végétal comme les jardiniers du dimanche. S’y ajoutent un potager biologique de 6000 m², une roseraie de 2300 rosiers ainsi qu’un espace pédagogique, composant un écrin de biodiversité où règnent sérénité, beauté et art de vivre au jardin. Entrée 80 DH.

Le Jardin ocre à Marrakech.Crédit: Jardin Ocre

Le petit plus : une nouvelle expérience contemporaine.

Le petit moins : le tarif un peu élevé.