Les failles d’un père

Cinéma. Quatre ans après Julie (en 12 chapitres), Joachim Trier revient avec un drame familial, récompensé par le Grand prix du Festival de Cannes 2025. Valeur sentimentale raconte une famille norvégienne minée par les non-dits et les absences. Après la mort de leur mère, deux sœurs, Nora et Agnès, se retrouvent face à leur père, grand cinéaste obsédé par son art, absent de leur vie depuis de longues années. Ce dernier veut faire jouer Nora dans son prochain long-métrage. Stellan Skarsgård incarne cette figure paternelle toxique, pour qui son œuvre est plus importante que sa famille, tandis que sa fille porte le fardeau du rôle qu’elle refuse. Le réalisateur norvégien Joachim Trier tisse une réflexion subtile sur l’héritage familial, la création artistique et les blessures qui se perpétuent. Entre mise en abyme cinématographique et exploration de traumatismes générationnels, Valeur sentimentale s’impose comme une œuvre sensible sur la possibilité de continuer à faire famille malgré tout.
Actuellement au Megarama et à la Cinémathèque de Tanger.
“N” comme noun
Exposition. À Marrakech, le Musée des Confluences Dar El Bacha consacre une rétrospective à Mohamed Azouzi, figure majeure de l’abstraction marocaine, disparu en 2022. “Sous le signe du Noun” rassemble les œuvres d’un artiste qui, depuis la France, n’a cessé d’évoquer la couleur des terres marocaines dans ses œuvres. Entre calligraphie revisitée et symbolisme universel, Azouzi a peint et repeint la lettre arabe “noun”, tissant des ponts entre cultures, puisant autant dans l’héritage arabe qu’africain, dont les couleurs ont nourri ses créations. Pensée par la Fondation nationale des musées et Amir Raphael Azouzi, l’exposition propose un parcours dans lequel le langage occupe une place centrale, et le signe se charge de spiritualité.
Du 28 octobre au 8 février à Dar El Bacha (Marrakech).
Dialogue avec la pierre
Exposition. La galerie AA accueille, jusqu’au 30 novembre, l’exposition de Mounat Charrat, intitulée “En apesanteur”. L’artiste casablancaise y déploie une réflexion poétique autour des métamorphoses minérales, entre mémoire enfouie et lumière ascendante, invitant son public à une expérience contemplative des mutations du temps long. Formée à Paris aux académies Julian et Charpentier, le parcours de Mouna Charrat l’a menée des cimaises de l’Institut français aux biennales internationales, en passant par le Musée Mohammed VI qui conserve plusieurs de ses pièces.
Jusqu’au 30 novembre à la AA Gallery (Casablanca).
Retour sur scène

Concert. À Casablanca, le chanteur et musicien Fehd Benchemsi présente un nouveau spectacle accompagné de ses Lallas. Il s’agit de la première date d’une tournée qui se poursuivra en novembre, avec des dates annoncées à Rabat, Marrakech et Meknès. Fehd Benchemsi a forgé un style musical unique, ancré dans l’héritage gnaoua et nourri de ses rencontres avec des musiciens de jazz, soul, gospel et d’autres horizons musicaux.
Le 1er novembre au Megarama (Casablanca).
Éloge de l’indocilité

Littérature. L’Institut français du Maroc reçoit Louisa Yousfi pour une tournée autour de son essai Rester barbare. Partant d’une phrase de l’écrivain algérien Kateb Yacine sur la nécessité de préserver une certaine sauvagerie créatrice, l’autrice compose un manifeste où se croisent Chester Himes, Toni Morrison et le rap français. Ancienne pensionnaire de la Villa Médicis, elle défend l’indiscipline comme moteur d’émancipation face aux tentatives de normalisation culturelle.
Les 4, 6 et 8 novembre à la FLASH (Agadir), aux Insolites (Tanger), et à l’Institut français de Rabat.
