Des tours de La Haye aux plaines du Sud marocain, là où d’autres voient des kilowatts, Houda Amrani voit des visages, des parcours et des potentiels à faire grandir. Directrice du Capital Humain de Masen, elle incarne une génération de DRH stratèges et humanistes, convaincue que la transition énergétique du Maroc ne se fera pas sans transition humaine.
À 24 ans, elle recrute déjà des ingénieurs expatriés pour l’Arabie saoudite
Formée entre Amsterdam, Paris et Portsmouth, diplômée du Groupe ESSEC et titulaire d’un master en droit et politique européenne, elle débute à Paris dans un cabinet de chasseurs de têtes avant de rejoindre Aramco à La Haye. À 24 ans, elle recrute déjà des ingénieurs expatriés pour l’Arabie saoudite : « Il fallait comprendre le métier avant d’approcher ces profils », se souvient-elle. Cette expérience forge son agilité et son goût du recrutement.
Très tôt, elle se fixe un cap : revenir au Maroc pour mettre au service de son pays ce qu’elle a appris ailleurs. Suivent Microsoft puis Unilever, où elle structure des programmes de formation et d’intégration des jeunes diplômés. Chez Nesk Investment, lors de l’ouverture du Morocco Mall, elle découvre le retail : préparer des franchises, recruter à grande échelle et accompagner des centaines de vendeurs. « C’était un nouveau monde : comprendre les besoins du terrain sans perdre la vision stratégique », résume-t-elle.
L’école du terrain
Mais c’est dans l’industrie qu’elle trouve sa pleine mesure. Avec LG Electronics, elle découvre la rigueur coréenne ; avec Mutandis, elle plonge dans l’univers des conserveries – 2 800 collaborateurs, des usines, des syndicats. Elle y apprend la puissance de l’écoute : « Ces femmes pour qui l’usine est une raison de vivre méritaient un environnement digne. Leur donner envie de venir travailler, c’était ma plus belle récompense». Cette proximité nourrit sa conviction : le capital humain n’est pas un concept, c’est une réalité vécue.
Chez Unimer, elle change d’échelle – près de 7 000 salariés et des filiales exportant à 95 %. Elle y déploie une politique RSE centrée sur le social : conditions de travail, sensibilisation, fidélisation. La performance, dit-elle, passe par le bien-être et la reconnaissance. Dans cette entreprise familiale, elle modernise sans renier la culture maison : une évolution douce mais profonde.
Donner du sens à l’énergie
Aujourd’hui, à la tête du capital humain de Masen, Houda Amrani retrouve le sens premier de son engagement : contribuer à un projet de développement du pays. « Ici, ce n’est pas seulement un emploi, c’est une mission. Nous formons les femmes et les hommes qui bâtiront le Maroc énergétique de demain». Elle parle de ses équipes comme d’un vivier de talents qu’il faut attirer, développer et fidéliser. Et voit dans la jeunesse marocaine la vraie ressource renouvelable du Royaume.
De la multinationale à l’entreprise publique, du cabinet de recrutement à l’industrie, son fil conducteur n’a jamais changé : écouter, comprendre et donner du sens. « Le DRH n’est plus un chef du personnel, c’est un architecte du sens, un catalyseur de changement et gardien des valeurs de l’entreprise. Chez Masen, nous relions ces dimensions à une mission nationale : contribuer à la souveraineté énergétique du Maroc à travers la valorisation de notre capital humain».
