Depuis quelques années, l’arène des manifestations ne se limite plus aux pavés ni aux slogans scandés. Elle se joue aussi dans les flux de données, les caméras, et désormais les algorithmes. Au Maroc, les mobilisations du mouvement GenZ212 n’ont pas révélé d’usage massif de l’intelligence artificielle. À l’exception de quelques montages vidéo viraux générés par IA – un manifestant transformé en Hulk, ou des images de jeunes et de policiers s’étreignant par exemple–, leur impact est resté marginal. Mais ailleurs, la bascule est déjà amorcée, même si les pratiques et les cadres juridiques diffèrent d’un pays à l’autre. “Nous vivons un interrègne”, observe un rapport du cabinet de conseil britannique Oxford Insights : l’ancien monde des rapports de force traditionnels s’efface peu à peu, sans que le nouveau, façonné par l’IA, n’ait encore pris forme.
