Étudier en Russie : une option solide pour les étudiants marocains?

Longtemps perçue comme une destination de second rang, la Russie gagne du terrain parmi les étudiants marocains, notamment dans les filières médicales. Malgré le contexte géopolitique, le pays reste une option sérieuse pour celles et ceux qui cherchent une alternative aux destinations européennes classiques.

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De plus en plus d’étudiants font leurs valises pour Moscou, Kazan ou Saint-Pétersbourg. “La guerre en Ukraine, les sanctions internationales et un climat géopolitique tendu n’ont pas freiné les inscriptions”, affirme Kamal Achir, fondateur de l’agence ILVE Student Center, spécialisée depuis plus de 14 ans dans l’accompagnement des étudiants marocains vers la Russie.
“Malgré les circonstances actuelles, la Russie reste un pays stable pour les étudiants étrangers. Les villes universitaires sont très sécurisées, et les autorités locales veillent à garantir un environnement serein”, souligne-t-il.

Fondateur de l’agence ILVE Student Center (DR)

Un système souple et accessible

Parmi les arguments qui séduisent les futurs bacheliers, la souplesse du système russe fait la différence. Aucun test de langue n’est exigé pour intégrer une faculté de médecine, même lorsque le cursus est en français ou en anglais. Autre atout : les inscriptions restent ouvertes jusqu’à la fin juillet, laissant aux étudiants le temps d’obtenir leurs résultats du bac et de préparer leur dossier sans précipitation. À l’inverse, les systèmes d’admission européens se ferment parfois dès janvier ou mars.

Les diplômes délivrés par les universités publiques russes sont reconnus au Maroc, à condition d’avoir un bac scientifique et d’entamer une procédure d’équivalence auprès du ministère de l’Enseignement supérieur. Pour les médecins généralistes et les dentistes, un stage dans un CHU marocain et un test sont requis. En revanche, les pharmaciens en sont dispensés.

Médecins, mais pas seulement

Si la médecine concentre la majorité des départs, la Russie attire aussi des profils plus variés. Génie civil, architecture, ingénierie informatique, psychologie ou encore sciences sociales figurent parmi les filières qui suscitent un intérêt croissant. Le profil des candidats s’élargit. Ces dernières années, on voit aussi des étudiants littéraires ou en sciences humaines, même si cela reste une minorité”, observe Kamal Achir.

Un coût maîtrisé

Côté budget, les frais de scolarité pour une formation en médecine générale varient entre 2 500 et 5 000 dollars par an, selon la ville. Les cursus d’ingénierie sont généralement plus accessibles, avec des montants allant de 1 500 à 4 500 dollars. À cela s’ajoutent des frais de vie raisonnables, même dans les grandes villes universitaires.

“En réalité, les étudiants marocains bénéficient même d’un certain avantage sur le plan économique. Comme les transferts se font en devises, ils profitent souvent d’un taux de change favorable”, conclut-il.

 

À savoir

Budget moyen : 3 000 à 6 000 €/an (frais + vie)

Langues : programmes en russe ou en anglais

Préparation linguistique : une année préparatoire en russe est souvent proposée

Visa : demande de visa étudiant avec lettre d’invitation officielle