"La Ligue des spécialistes de la santé mentale salue la stratégie 2030 et appelle à la reconnaissance des psychologues"

La Ligue des spécialistes de la santé mentale et psychique du Maroc a accueilli avec un certain soulagement l'annonce du ministre de la Santé et de la Protection sociale, qui a présenté devant les instances législatives du Parlement la mise en œuvre de la stratégie nationale de santé mentale et psychique, dans le cadre du plan stratégique national multisectoriel de santé mentale à l'horizon 2030.

Par

Cet article est un communiqué d’entreprise, il n’a pas été rédigé par les journalistes de TelQuel.

Après avoir souligné les chiffres communiqués par le ministre concernant les effectifs médicaux et infirmiers spécialisés en santé mentale et psychique travaillant sur le territoire national, ce dernier a indiqué que leur nombre total s’élève à 3 230, dont 319 psychiatres dans le secteur public, 274 dans le privé, 62 pédiatres spécialisés en psychiatrie infantile en milieu public, contre seulement 14 en secteur privé, ainsi que 1 700 infirmiers spécialisés. Le ministre a également présenté la vision stratégique prévue par le ministère, visant à généraliser les services intégrés de santé mentale dans les hôpitaux généraux, à développer les unités de consultation externe en psychiatrie, à créer des équipes de gestion des crises psychosociales et à renforcer les services de réhabilitation psychosociale.

La Ligue, qui regroupe des psychologues spécialisés dans toutes les branches et disciplines, ainsi que des psychiatres et professionnels de la santé mentale, salue cette initiative du ministre, alignée sur les orientations royales visant à servir les citoyens. Cependant, elle attire l’attention sur des points essentiels omis dans l’annonce officielle, suscitant surprise et déception chez de nombreux spécialistes.

Ces professionnels, qui ont fourni des services bénévoles pendant le confinement et après le séisme d’Al-Haouz, dénoncent un sentiment d’exclusion systématique. Formés dans des universités et institutions marocaines ou étrangères, ils considèrent que leur reconnaissance légale et institutionnelle est cruciale pour répondre aux besoins psychosociaux croissants. L’absence de cadre juridique les intégrant dans le système de santé national les relègue à des rôles informels, malgré leur expertise.

Appel à une reconnaissance légale et institutionnelle

La Ligue rappelle au ministre et aux autorités compétentes que la présence de psychologues spécialisés est un pilier des sociétés modernes, reconnu par des institutions internationales telles que l’Organisation mondiale de la santé et l’American Psychological Association. Elle interroge : Comment prétendre à une approche holistique de la santé mentale tout en ignorant les psychologues cliniciens ? Sur quelle base juridique ces professionnels exercent-ils dans les hôpitaux si leur statut n’est pas officiellement reconnu ?

Cette situation soulève des questions fondamentales sur la pertinence des stratégies nationales, exigeant une réflexion approfondie pour intégrer tous les acteurs du secteur. L’absence de reconnaissance légale et administrative des psychologues transforme les formations universitaires en une usine à diplômes sans débouchés professionnels, reléguant ces experts dans des associations non régulées.

Enjeux sociétaux et urgence d’agir

La Ligue insiste sur l’importance de déployer des psychologues dans les écoles, les institutions sécuritaires, judiciaires et sociales pour prévenir la montée des phénomènes de suicide, de violence, de dépendance et de divorce. Leur présence permettrait d’alléger la charge pesant sur les psychiatres et de renforcer la prévention précoce des troubles mentaux.

En conclusion, La Ligue exhorte les autorités à :

  1. Reconnaître légalement les psychologues spécialisés sous une identité professionnelle claire.
  2. Intégrer leurs compétences dans les réformes structurelles de la santé et de l’éducation.
  3. Combler le vide juridique actuel pour éviter l’exploitation des citoyens par des pratiques non scientifiques.

Cette reconnaissance est un préalable indispensable à l’atteinte des objectifs du plan 2030 et à la préservation de la sécurité mentale des citoyens, conformément aux discours royaux.