Khan ou les oligopoles vertueux

Par Réda Dalil

“Impressionnant”, “Vous avez bousculé mes convictions”, “Bravo”. A l’issue de la conférence donnée par Mushtaq Khan devant la CSMD, le 10 septembre dernier, les superlatifs ont fusé. Professeur à l’université SOAS de Londres, Khan prône des méthodes de lutte anticorruption hétérodoxes. Pour lui, dans les pays en développement où l’informel est généralisé, l’application des lois est trop souvent irréaliste. Par conséquent, les stratégies de contournement pullulent et, bien entendu, la corruption est omniprésente. Les idées de Khan sont multiples, mais l’essence de sa doctrine est la suivante: si une loi n’est pas respectée, c’est qu’elle est mauvaise. Il préconise donc de s’arranger avec la réalité en poussant, dans certains cas et dans certains secteurs, l’état à favoriser un nombre limité d’acteurs économiques moyennant le respect d’un cahier de charges précis: création d’emplois, transfert de technologie, respect de la concurrence… Sur le papier, ce “deal” pragmatique peut s’apparenter à une autre forme de corruption, mais Khan le considère acceptable dès l’instant où il participe au développement du pays. D’après lui, toute forme de corruption n’est pas mauvaise par essence. Confrontés aux…

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