Interval, le collectif qui ambitionne d’impulser de nouvelles dynamiques culturelles

Un nouvel acteur du domaine de l’art voit le jour. Pour sa première action, le collectif Interval a monté une exposition virtuelle et déroule une série de webinaires autour de la création.

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Affiche de la première exposition virtuelle du collectif. Crédit: Interval

La crise sanitaire, qui ébranle le monde depuis plusieurs mois déjà, n’a pas enfanté que des tragédies. Des initiatives culturelles nouvelles tentent de penser et donner à voir le monde différemment. Le collectif Interval, qui entend impulser des projets artistiques au Maroc, en fait partie. Derrière ce projet, il y a quatre amis “amateurs d’art” : deux architectes, Omar Benmoussa et Oussama Garti, la manageuse culturelle et co-fondatrice d’une plateforme de digitalisation de collections d’art Amina Debbiche, et un industriel opérant dans la fonderie, Hamza Slaoui.

Avec Interval, nous souhaitons porter la voix des artistes, curateurs, historiens et collectionneurs. Nous les inviterons à débattre sur différentes thématiques : le rôle de l’art, ses nouveaux enjeux compte tenu du contexte qui évolue, sa perception dans nos sociétés actuelles”, résument-il dans un texte de présentation.

Omar Benmoussa détaille : “C’est au cours du confinement que les discussions autour du projet ont commencé. L’idée initiale était de monter une exposition-vente, mais avec le temps, nous avons réfléchi et décidé d’élargir le spectre de notre action, et d’enclencher différents projets artistiques et inclusifs”. Il ajoute : “Interval est une initiative indépendante créée pour promouvoir l’art, donner la parole aux créateurs et porter des projets à impact social.

Im(pulsion) créative

La première action consiste en une exposition-vente et une série de webinaires — et c’est l’artiste Meriem Bennani et le rappeur Shobee qui ont été conviés à discuter de “la nouvelle avant-garde de la création et de l’art”. Baptisée Im(pulsion), l’exposition virtuelle réunit une vingtaine d’artistes aux sensibilités éclectiques. On y retrouve 54 œuvres, dont les peintures d’Amina Rezki ou Hicham Matini, les dessins de paysages rêvés de Said Afifi, ou encore une installation de Youssef Ouchra.

L’exposition est visible depuis le 22 juillet sur theopencrate, une plateforme où vous pouvez visionner les œuvres, en consulter les détails techniques, les prix, et même faire des mises en situation (en réalité augmentée).

Capture de l’exposition virtuelle.

50 % de chaque vente ira à l’association Tahar Sebti, qui œuvre dans le domaine de l’éducation, notamment pour les enfants en situation de handicap, l’autre moitié revenant aux artistes.

“C’est très important pour nous de ne pas être dans un rapport marchant, mais aussi de soutenir des initiatives sociales. Et les artistes adhèrent”

Omar Benmoussa

Avec cette première action, le collectif ambitionne “de connecter les artistes à une nouvelle génération de collectionneurs, d’inviter les artistes et différents acteurs culturels à débattre du rôle de l’art et de son impact dans la société, et de mettre en avant un modèle d’éducation pilote en utilisant l’art comme vecteur d’épanouissement et d’accomplissement”.

Omar Benmoussa insiste : “C’est très important pour nous de ne pas être dans un rapport marchant, mais aussi de soutenir des initiatives sociales. Et les artistes adhèrent. L’un d’eux a, par exemple, proposé de concevoir des modules éducatifs artistiques.”

Interval voit loin

Quid des amateurs et collectionneurs d’art, suivent-ils le mouvement ? “Il y a des œuvres qui ont déjà été vendues, l’essentiel des acheteurs sont Marocains, mais il y a aussi une collectionneuse de Dubaï et un autre de Londres qui ont acquis respectivement une peinture de Nafie Ben Krich et une autre de Mohamed Lekleti”, nous révèle Omar Benmoussa.

À terme, Interval souhaite multiplier les actions, l’architecte et membre du collectif nous confie : “On pense à des résidences, à des expositions dans l’espace public et autres projets artistiques. On rêve aussi de constituer une collection qui n’appartiendra à personne. Dès le mois de septembre, nous allons nous réunir pour esquisser le calendrier d’Interval.

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