Espagne : le PP reproche à Albares d’avoir expédié la question des douanes de Melilia et Sebta “en deux pauvres minutes”

Le Parti populaire (PP) a critiqué le ministre des Affaires étrangères, de l’Union européenne et de la Coopération, José Manuel Albares, pour avoir “expédié en deux misérables minutes” sa déclaration sur les douanes de Melilla et Sebta au Congrès des députés, en l’insérant dans un ordre du jour comportant “dix autres sujets”.

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José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères. Crédit: DR

S’exprimant devant la presse, la députée PP de Melilia, Sofía Acedo, a estimé que cela montre à quel point “le gouvernement Sánchez se soucie peu des questions qui concernent Sebta et Melilla”, cette audition n’ayant, selon elle, “servi qu’à permettre au gouvernement de fuir à nouveau ses responsabilités”.

Lors de son intervention, Albares a souligné que l’Espagne et le Maroc vivent actuellement “le meilleur moment” de leur relation bilatérale, rappelant que le président de Sebta, Juan Jesús Vivas (PP), avait qualifié d’“événement historique” la première exportation, le 11 février dernier, de produits automobiles entre la ville autonome et le Maroc.

Albares a affirmé que Sebta et Melilia sont “deux des villes espagnoles les plus chères à son cœur”, et qu’il y pense régulièrement en tant que ministre des Affaires étrangères. Il a interrogé le PP sur sa nostalgie des “temps de confrontation” avec le Maroc, “comme à l’époque de l’îlot de Perejil”, et a accusé le parti d’être devenu “anti-marocain”.

Il a ajouté que le processus d’ouverture des douanes implique de nombreuses administrations, précisant que, désormais, après la phase de dialogue politique entre les deux gouvernements, les services douaniers sont en contact pour développer les aspects techniques visant à “élargir progressivement le passage commercial” et à éviter des problèmes comme la contrebande, générant des “images indignes” pour les deux pays.

Albares a insisté sur le fait que Sebta et Melilia méritent toute la protection de l’État et a souligné la nécessité de continuer à travailler pour améliorer la situation dans les deux villes autonomes.

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De son côté, la députée Acedo a jugé l’intervention du ministre comme étant “absolument décevante”, l’accusant de “s’obstiner à dépeindre une réalité qui n’existe pas”.

“Nous ne sommes ni dans une période favorable des relations avec le Maroc, ni dans une situation de fonctionnement normal des frontières”, a-t-elle affirmé, qualifiant ce moment d’“épisode le plus sombre de l’histoire commerciale de Melilla avec le pays voisin”.

Elle a précisé que le transit commercial est “minimal”, soumis aux “exigences du pays voisin” et “dépourvu de toute sécurité juridique”, rendant impossible tout investissement des entreprises “tandis que le gouvernement continue d’ignorer la situation”.

À cela s’ajoute, selon elle, le “blocage” du régime douanier des voyageurs, limité au seul sens Melilia-Maroc. Le PP s’interroge donc sur les raisons pour lesquelles le gouvernement espagnol “accepte que le Maroc continue de décider unilatéralement de ce qui se passe aux frontières, dans une passivité totale”.

(avec EFE)