Informer et mourir

Par Réda Dalil

La presse à l’agonie ? Élémentaire mon cher Watson ! Si la crise du secteur a été exacerbée par la séquence Covid-19, ses déboires datent d’au moins une dizaine d’années et ne cessent de s’aggraver. Un rapport du Conseil national de la presse, publié alors que nous mettions sous presse, rappelle à quel point le secteur est sinistré. Donnée affolante : entre 2012 et 2019, le chiffre d’affaires réalisé par la presse hebdomadaire a chuté de 65 %. Cette spirale trouve son origine dans une conjugaison de facteurs, parmi lesquels la gratuité du contenu sur le digital, la faible capillarité des circuits de distribution, le peu d’appétence qu’ont les Marocains pour la lecture, un niveau intellectuel général stagnant et une concurrence féroce des GAFA sur les budgets des annonceurs. Coup de grâce, le tsunami Covid-19 a frappé les éditeurs print au cœur de leurs deux principales sources de revenus : les ventes au numéro et les insertions publicitaires. Contraints par une décision des autorités d’interrompre leur diffusion papier, les supports de presse ont, dans leur quasi-globalité, offert leur contenu gracieusement en ligne, participant à informer l’opinion publique des évolutions…

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