Populisme décent?

Par Omar Saghi

Cela fait maintenant quelques siècles que la France est avant-gardiste en politique. Piètres économistes, rétifs au libéralisme, les Français sont par contre des militants forcenés. De tout, de rien, l’important est d’agiter l’espace public. C’est dire que le mouvement des “gilets jaunes”, pour imprévu qu’il soit, est peut-être annonciateur de mouvements similaires ailleurs dans le monde. Ce qui commence à Paris, politiquement, finit toujours par atteindre les autres espaces. Il y a quelques années, le journaliste britannique David Goodhart avait proposé la notion de “populisme décent” pour décrire la résistance sourde que les classes moyennes occidentales opposaient à la mondialisation. Décent parce que discret, enraciné dans des valeurs et une communauté locales, à défaut d’avoir les moyens de se projeter dans le monde. Ne pouvant ni payer des études dans les grandes universités à leurs enfants, ni faire du tourisme, ni parler de langue étrangère, ni, surtout, consommer ce que la mondialisation propose comme biens et services, ces classes moyennes en déclin se replient sur des identités restaurées ou réinventées. C’est de ce terreau, de ce “populisme décent”, qu’ont émané…

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