Le Maroc appelle à un soutien "pérenne" de l’UE

Le Maroc appelle à un soutien "pérenne" de l’UE

Dans un entretien accordé à l’agence de presse espagnole EFE, le directeur de l’immigration et de la surveillance des frontières au ministère de l’Intérieur, Khalid Zerouali, appelle à une aide "pérenne" de l’UE dans le contrôle des frontières pour soutenir les agents marocains qu’il dit "dépassés" par les flux migratoires clandestins.

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Khalid Zerouali, wali, directeur de l’immigration et de la surveillance des frontières au ministère de l’Intérieur Crédit: AFP

Le Maroc lance un SOS à l’Union européenne. Dans un entretien accordé à l’agence de presse espagnole EFE, le wali directeur de l’immigration et de la surveillance des frontières au ministère de l’Intérieur, Khalid Zerouali, affirme que le gouvernement marocain « commence à être dépassé » par la récente vague de migration clandestine. Il appelle ainsi les 27 de l’UE « à une implication permanente et durable » dans le contrôle des frontières. Le responsable rappelle également que le gouvernement marocain a déjà déployé 13.000 agents le long des côtes méditerranéennes et atlantiques pour un coût annuel de « plus de 200 millions d’euros ».

« Ce dispositif très coûteux a été mis sous pression […] Nous avons jusque là assumé nos responsabilités unilatéralement, mais nous commençons à être dépassés », confie Khalid Zerouali. Qualifiant de « positive » la collaboration avec Bruxelles, le responsable estime toutefois qu’elle doit être réadaptée, à la vue de « l’urgence de la situation ». « Le partenariat politique avec l’Union européenne doit inclure le contrôle des frontières en tant que composante pérenne, et non pas comme une aide occasionnelle », considère le wali, tout en appelant à une injection de « ressources » financières, sans pour autant mentionner de chiffres précis.

Tentatives de migrations clandestines à la hausse

Entre septembre et août, 60 réseaux de migrations clandestines ont été démantelés dans le pays. Selon les prévisions du directeur de l’immigration et de la surveillance des frontières au ministère de l’Intérieur, les chiffres concernant les tentatives de migration clandestine de cette année pourraient être similaires à ceux de 2017. Une année lors de laquelle 64.000 tentatives ont été avortées. D’après le représentant du département d’Abdelouafi Laftit, le nombre de tentatives de migration clandestine aurait doublé en l’espace de quatre ans.

Khalid Zerouali attribue notamment cette donnée à la hausse à la « flotte d’ONG actives dans l’espace méditerranéen qui encourage et guide les migrants ». Selon lui, cette aide des ONG alimente la rumeur selon laquelle certaines traversées sont gratuites. Une fausse information qui s’est notamment propagée dans le nord du pays où des candidats à l’immigration clandestine se sont rassemblés sur les plages à la fin du mois de septembre. A ce sujet, Khalid Zerouali affirme « que le trafic d’être humain n’est pas un acte charitable et a un but lucratif, car toute traversée est soutenue par un réseau de trafiquants ».

Des migrants « volontaires » au rapatriement

Autre source d’inquiétude pour le représentant du ministère de l’Intérieur, le trafic de migrant assuré par les go fasts, ces embarcations qui servent généralement à acheminer des drogues vers l’Europe. C’est à bord de l’une d’entre elles qu’était Hayat Belkacem lorsqu’elle a été tuée par des balles de la Marine marocaine. Se refusant à commenter cette affaire, Khalid Zerouali affirme que l’utilisation de go fasts témoigne d’un changement de « modus operandi » des trafiquants de drogue qui ont mis leur bateau au service de la migration clandestine.

Egalement interrogé sur les déplacements forcés de candidats à l’immigration clandestine, Khalid Zerouali assure que ces derniers « ne sont pas emprisonnés, ou abandonnés au milieu du désert [mais] simplement déplacés vers le sud du pays afin de les dissuader« . Les arrestations ne concernent que « les organisateurs de la traite humaine », affirme-t-il.

Au sujet des rapatriements de migrants, le directeur de l’immigration et de la surveillance des frontières au ministère de l’Intérieur indique qu’ils « sont volontaires dans 97% des cas ». Une opération qui concernerait entre 2.000 et 3.000 personnes par an informe le wali.

La publication de cet entretien survient après la visite de la secrétaire d’Etat espagnole à l’immigration, Consuelo Rumí, au début du mois d’octobre à Rabat. Lors de son passage au Maroc, la responsable espagnole avait appelé son homologue marocain, Abdelkrim Benatiq, à « démonter le mensonge du rêve européen ».

Avec EFE

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