Ormuz: les passages de navires au plus haut depuis mi-avril

Un total de 25 navires commerciaux ont passé le détroit d'Ormuz jeudi après un accord permettant sa réouverture la veille, un volume cinq fois supérieur à la moyenne sur les dix premiers jours de juin et inédit depuis mi-avril, selon des données de la plateforme de suivi maritime AXSMarine publiées vendredi.

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Trois pétroliers iraniens sont sortis mercredi du Golfe par le détroit d'Ormuz avec cinq millions de barils de pétrole brut, les premiers depuis le blocus imposé par les Etats-Unis aux ports iraniens, a indiqué vendredi la société de données maritimes Kpler à l'AFP. Crédit: DR

Il s’agit du nombre le plus élevé en une seule journée depuis les 28 transits enregistrés le 18 avril. Cela avait coïncidé avec une brève fenêtre de réouverture du trafic commercial dans ce détroit de facto contrôlé par l’Iran, par lequel transite en temps normal près de 20% de la production pétrolière mondiale et d’autres matières premières cruciales.

Le pic observé jeudi a suivi la signature du mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran mercredi. Toutefois, des discussions prévues vendredi en Suisse, censées donner le coup d’envoi à un processus de 60 jours pour régler le sujet central du nucléaire iranien, ont depuis été reportées sine die.

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Ce rebond des passages est survenu dans un contexte de plus grande perturbation des signaux AIS que AXSMarine a observé dans le Golfe depuis le début du conflit, le 28 février. Plus de 200 navires commerciaux ont été simultanément affectés jeudi par du « spoofing ou un comportement AIS anormal », a indiqué la plateforme sur X.

« Les opérations de déminage dans le détroit se poursuivent et les armateurs sont tenus de faire preuve de prudence jusqu’à ce que les assureurs rétablissent des conditions de couverture normales », a-t-elle ajouté à l’AFP.

Le rebond du trafic intervient au lendemain de la signature d’un mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran, présenté comme une première étape vers un accord global visant à mettre fin aux tensions qui secouent le Golfe depuis plusieurs mois. Le texte prévoit notamment la réouverture du détroit d’Ormuz, la levée progressive du blocus naval américain autour des ports iraniens et l’ouverture d’une période de 60 jours de négociations consacrées au dossier nucléaire iranien.

L’accord a été salué par plusieurs capitales et par l’ONU, qui y voient une opportunité de désescalade dans une région clé pour l’approvisionnement énergétique mondial. Les dirigeants de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de l’Italie ont toutefois rappelé que l’Iran ne devait pas accéder à l’arme nucléaire et ont appelé à la poursuite des discussions diplomatiques.

Mais les incertitudes demeurent. Les négociations américano-iraniennes qui devaient s’ouvrir vendredi au Bürgenstock, en Suisse, ont été reportées, tandis que plusieurs responsables iraniens ont insisté sur le respect des « lignes rouges » de Téhéran dans les futurs pourparlers. En Israël, l’accord suscite également des critiques, certains responsables politiques estimant qu’il ne répond pas suffisamment aux préoccupations sécuritaires de l’État hébreu