Voici les raisons qui ont poussé le gouvernement à interdire les manifestations à Jerada

Une source gouvernementale nous explique les raisons derrière l'interdiction par le ministère de l'Intérieur des manifestations à Jerada. Une décision annoncée dans un contexte de regain de tension dans la ville minière. 

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Manifestation du 24 février à Jerada. Crédit: DR

Alors que les tensions reprenaient à Jerada au début du mois de mars, le ministère de l’Intérieur publiait, le 13 mars, un communiqué sans équivoque dans lequel il rappelait qu’il était habilité, à travers les prérogatives légales, à appliquer la loi interdisant les « manifestations illégales dans les lieux publics« , ainsi que « les comportements et agissements irresponsables« .

Une communication dont la diffusion a été décidée à l’issue d’une réunion entre le chef du gouvernement, le ministre de l’Intérieur, et le ministre d’Etat aux Droits de l’homme selon une source gouvernementale, citée par nos confrères de TelQuel Arabi. Selon la même source, trois actions menées par le mouvement contestataire justifient cette interdiction par les autorités.

Parmi elles, la marche initiée par les organiseurs du Hirak de Jerada vers la ville minière de Laâyoune. Une manifestation jugée inacceptable, selon ce ministre, qui estime qu’ « en plus de porter atteinte à la sûreté et à l’ordre », la manifestation a également eu comme conséquence d’ «élargir la contestation d’autres villes en incitant les citoyens à manifester ce qui ne peut être accepté ».

Revendications contestées

La sortie du ministère de l’Intérieur a notamment été motivée par la « revendication des manifestants portant sur la gratuité de l’électricité alors que le chef du gouvernement avait précisé qu’il ne pouvait pas y répondre positivement lors de sa visite dans la région de l’Oriental« .

Notre interlocuteur précise que l’Exécutif a déjà répondu favorablement à d’autres revendications concernant les factures d’électricité à savoir: le rééchelonnement des arriérés, l’annulation des amendes et la mise en place d’une facturation mensuelle.

« Nous ne pouvons pas répondre à la demande portant sur la gratuité de l’électricité sinon tous les Marocains la réclameraient, ce qui n’est pas possible » poursuit notre source qui précise que selon les données du gouvernement,  » 70% de la population de Jerada ne paye pas une facture dépassant les 50 dirhams mensuels ».

Stop aux violences

Notre source explique également que l’intervention du ministre de l’Intérieur est due au fait que « certaines parties ont continué de miser sur la protestation et la surenchère pour faire valoir des revendications qui ne sont pas légitimes« .

Selon cette source gouvernementale, le chef du gouvernement a demandé à rencontrer les leaders du Hirak lors de sa visite, mais a été surpris d’apprendre qu’ils ont demandé à le voir en présence du ministre de l’Intérieur.

Au sujet des récentes échauffourées entre forces de l’ordre et manifestants, notre interlocuteur affirme que les forces de l’ordre appliquent une décision du gouvernement. « Si nous nous taisons devant ces violences, qui nous protégera ? Qui veillera à l’application de la loi? » s’interroge notre source qui précise également qu’ « en cas d’excès lors des interventions, les forces de l’ordre devront assumer leur responsabilité« .

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