Les autorités publiques ont empêché les manifestants de poursuivre leur marche. Les participants se sont arrêtés après avoir reçu trois sommations. Par la suite, 13 représentants de la population ont été désignés pour se rendre au siège de la province, afin d’y présenter leurs revendications et leurs doléances, selon ce qu’a indiqué un manifestant à TelQuel Arabi.
Dans un communiqué, les protestataires ont dénoncé “l’ampleur de la souffrance et de la marginalisation qui perdurent dans ces douars montagneux”, soulignant que la région continue de subir un enclavement étouffant en raison de l’état catastrophique de la route, qui transforme le quotidien des habitants en véritable calvaire et compromet leur droit à la mobilité ainsi que leur accès aux services de base.
Le communiqué ajoute qu’en plus du problème de la route, les habitants font face à “des obstacles et des complications jugés injustifiés pour l’obtention des permis de construire, malgré le caractère rural de la région et l’absence des plus simples infrastructures urbaines”. Les protestataires s’interrogent ainsi sur “la manière dont les citoyens peuvent être appelés à respecter des conditions et procédures complexes de construction, alors même que la région manque de réseaux d’assainissement, d’eau potable et d’équipements de base”.
La même source souligne que la persistance de cette situation soulève de nombreuses interrogations sur les discours relatifs au développement et à la stabilité, dans un contexte qui pousse les habitants, en particulier les jeunes, à une migration forcée à la recherche de conditions de vie dignes.
Le communiqué précise que les revendications portées par les habitants sont claires et légitimes. Elles portent principalement sur “la réhabilitation urgente et globale de la route et le désenclavement de la région, la facilitation et la simplification des procédures d’obtention des permis de construire en tenant compte des spécificités du monde rural et montagneux, ainsi que l’adoption d’une véritable approche de développement répondant aux besoins de la population et garantissant son droit à la stabilité et à une vie digne”.
Les habitants considèrent que cette marche pacifique n’est qu’“un cri contre la marginalisation et l’exclusion”, ainsi qu’un message clair adressé aux responsables pour dire que le temps du silence est révolu, et que “la dignité et la justice territoriale ne sont pas une faveur accordée par quiconque, mais un droit constitutionnel et une revendication légitime qui ne sauraient être ni reportés ni négociés”, selon les termes du communiqué.
