RSF "profondément inquiète" après l'aggravation de la peine du journaliste El Mahdaoui

L'organisation Reporters sans frontières (RSF) s'est dit mercredi "profondément inquiète" après la condamnation en appel à un an de prison du journaliste Hamid El Mahdaoui, en attente par ailleurs d'un autre procès.

Par

Hamid Al Mahdaoui.

Poursuivi pour « avoir incité à une manifestation interdite », Hamid El Mahdaoui, directeur du site Badil.info, a vu sa peine initiale « multipliée par quatre », avec sa condamnation mardi par la Cour d’appel d’Al Hoceïma à un an de prison ferme, a rappelé RSF dans un communiqué.

Après cette « peine nettement revue à la hausse », l’ONG a dénoncé un « verdict incompréhensible » et s’est dit d’autant plus « inquiète » que El Mahdaoui « doit faire face à un deuxième procès pour atteinte à la sûreté de l’État ».

« La cour qui disposait de vidéos, avait en sa possession des preuves tangibles de son innocence », a affirmé RSF, appelant la justice marocaine « à abandonner les charges et à libérer au plus vite un journaliste qui, en se trouvant au cœur des événements, n’a fait que son métier ».

Quelques heures après sa condamnation, El Mahdaoui a annoncé -dans une lettre adressée à « l’opinion publique nationale et internationale »– « entamer une grève de la faim illimitée », et a précisé qu’il ne l’interrompra que dans le cas « d’une enquête sur les circonstances du jugement ».

Selon Badil.info, le père d’El Mahdaoui a été « transporté en urgence à l’hôpital provincial de Sidi Kacem, après avoir appris la nouvelle de la condamnation de son fils à un an de prison, mais également son annonce d’une grève de la faim ».

Le 25 juillet, El Mahdaoui avait été condamné en première instance à trois mois de prison ferme et à une amende de 20.000 dirhams (1.800 euros). Il avait été arrêté le 20 juillet à Al-Hoceïma, dans le Rif, puis jugé pour avoir appelé à prendre part à une manifestation interdite dans cette ville, épicentre d’un mouvement de contestation qui secoue depuis octobre cette région du nord du royaume.

Hamid El Mahdaoui fait l’objet d’autres poursuites pour « non-dénonciation d’un crime portant atteinte à la sûreté de l’État« . La première audience de ce nouveau procès doit se dérouler le 3 octobre à Casablanca. « Pour ce chef d’accusation, il encourt une peine allant de deux à cinq ans de prison ferme », s’est alarmé RSF.

(Avec AFP)

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