Le Maroc ratifie l’accord de Paris qui pourrait entrer en vigueur avant la COP22

Avec la ratification par le Maroc, ainsi que trente autres pays, de l’Accord de Paris, le texte issu de la COP21 prend le chemin d’une entrée en vigueur avant la COP22 de Marrakech.

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Salaheddine Mezouar et Ban Ki-moon le 21 septembre au siège des Nations unies à New-York. Crédit : COP22

Le Maroc a ratifié le 21 septembre l’Accord de Paris sur le climat (CMA). Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères et président de la COP22, a remis à Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies au siège des Nations unies à New York les instruments de ratification de l’Accord. Le même jour, trente autres pays ont effectué la même procédure : plusieurs États latino-américains (Argentine, Brésil, Mexique), ainsi que Singapour, la Thaïlande, le Bangladesh et les Émirats arabes unis. Le siège new-yorkais de l’ONU a accueilli, le 20 septembre l’Assemblée générale des Nations unies, alors que s’y tient également l’UN Climate Week du 19 au 25 septembre à laquelle participe également le Maroc.

Désormais, ce sont soixante pays représentant un peu moins que 48 % des émissions mondiales de gaz à effets de serre qui ont ratifié l’Accord. Pour entrer en vigueur, l’Accord doit être ratifié par au moins 55 pays représentant plus de 55 % des émissions.

Négocié à Paris pendant la COP21 en décembre 2015, il a avait été signé par 175 pays, à New York en avril, et ambitionne de contenir le réchauffement climatique sous le seuil de 2°C par rapport au niveau préindustriel. Quatorze autres pays représentant près de 13 % des émissions de gaz à effet de serre ont dit qu’ils ratifieraient l’accord cette année.

Cap sur Marrakech

Ces nouvelles ratifications confirment la possibilité d’une entrée en vigueur du CMA avant la fin de l’année, et peut-être même avant la COP22 qui s’ouvrira le 7 novembre à Marrakech. « L’élan est remarquable », s’est exclamé Ban Ki-moon, dont la lutte contre le réchauffement climatique a été une des priorités tout au long de ses dix ans de mandat. « L’entrée en vigueur de l’accord avant la fin de l’année sera une étape majeure vers un avenir plus sûr, plus juste et plus prospère », a-t-il ajouté.

La ministre française de l’Environnement et présidente de la COP21, Ségolène Royal, indiquait le 19 septembre qu’elle était « optimiste » sur une entrée en vigueur de l’accord d’ici le début de la COP22.

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Mohammed VI de passage à Marrakech pour inspecter les sites de la COP22

Un optimisme que la présidence marocaine de la COP22 avait anticipé, notamment lors de consultations informelles à Skhirat les 7 et 8 septembre. « La date limite pour son entrée en vigueur était fixée à 2020, mais il est très probable que l’Accord entrera en vigueur avant la fin de l’année, et peut-être même avant Marrakech », nous expliquait alors Laurence Tubiana, championne du climat avec Hakima Elhaité. Cette entrée en vigueur plus rapide que prévu implique de résoudre rapidement des questions techniques et juridiques pour les premières réunions du CMA. « Il faut trouver la formule pour que ceux qui sont déjà membres de l’Accord n’excluent pas les autres qui n’ont tout simplement pas eu le temps de le ratifier. Ce sera un des grands résultats politiques de Marrakech », poursuivait-elle.

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