En France, un maire revendique le fichage des enfants musulmans

Robert Ménard, maire d’extrême droite, a déclaré sur France 2 posséder un fichier des enfants supposés musulmans de sa ville.

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Robert Ménard
Robert Ménard. Crédit : AFP

Robert Ménard, maire d’extrême droite, a déclaré sur France 2 posséder un fichier des enfants supposés musulmans de sa ville.

« Il y a 64,6 % d’enfants de confession musulmane à Béziers. (…) Ce sont les chiffres de ma mairie. Pardon de vous dire que le maire a les noms, classe par classe, des enfants. Je sais que je n’ai pas le droit, mais on le fait. (…) Les prénoms disent les confessions. Dire l’inverse, c’est nier une évidence. » Ces propos choquants ont été tenus lundi 4 mai lors de l’émission Mots Croisés sur France 2 (consacrée aux querelles au sein du FN) par le maire de Béziers (Sud de la France) Robert Ménard, dont la position politique s’est fortement rapprochée du Front national ces dernières années.

Le procureur de Béziers a ouvert une procédure judiciaire dans la journée, et la mairie de la ville aurait fait l’objet d’une perquisition dans l’après-midi. Devant l’ampleur de la polémique, la mairie a réagi par le biais d’un communiqué sur Facebook, pour démentir toute existence d’un «  fichier des enfants scolarisés dans les écoles publiques de la ville  ». Puis c’est Robert Ménard lui-même qui, lors d’une conférence de presse, a affirmé qu’un comptage des écoliers en fonction d’une origine culturelle avait bien été effectué par la mairie, précisant qu’il réservait les explications de la méthode utilisée à la justice.

Cette sortie médiatique a provoqué de nombreuses réactions à l’Assemblée nationale dans la journée même. Le Premier ministre Manuel Valls y voit « la réalité de l’extrême droite  ». Le président François Hollande a déclaré depuis l’Arabie saoudite, où il est en déplacement, que «  le fichage d’élèves  » est «  contraire à toutes les valeurs de la république ».

Avant de se lancer dans la politique, Robert Ménard avait fondé l’ONG Reporters sans frontières en 1985. Au cours des années 1970-1980, il était membre actif du Parti socialiste, avant que ses positions idéologiques ne glissent progressivement à droite. Son élection à la mairie de Béziers en 2014 a été soutenue par le Front national.

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Timothée Le Puil

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