Dans le sud du Liban, dont Israël occupe désormais une partie, un Casque bleu serbe a été tué et deux militaires onusiens blessés dans une une attaque de mortier, à l’origine indéterminée dans l’immédiat, survenue tard mercredi soir.
L’accord pour un cessez-le-feu a été annoncé à l’issue de pourparlers menés mercredi sous l’égide des Etats-Unis entre le Liban et Israël, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques. La formation pro-iranienne ne s’est pas prononcée sur l’accord, mais son chef Naïm Qassem doit diffuser un message à 12H00 GMT.
« Ce n’est pas la première fois qu’un cessez-le-feu est annoncé et qu’Israël le viole », réagit pour l’AFP Mohammad Chamseddine, 56 ans, qui a fui sa maison de la banlieue sud de Beyrouth. « C’est un cessez-le-feu d’un seul côté, et je crois qu’il restera lettre morte. Ecoutez le drone au-dessus de ma tête », ajoute-il, tandis qu’un drone israélien survole la capitale à basse altitude.
La « déclaration de principes », comme l’a qualifiée le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, prévoit selon lui que l’armée israélienne « poursuive à ce stade ses tirs et ses opérations sur le terrain » dans le sud du Liban, et se maintienne dans la « zone de sécurité » frontalière, « sans retour de la population » libanaise.
L’accord prévoit également « la liberté d’action pour Israël, avec l’aval des Etats-Unis, de frapper Beyrouth en réponse à des tirs sur les localités et le territoire israéliens », a affirmé le ministre.
« Grave erreur »
L’armée israélienne a renouvelé jeudi son appel à évacuer toute la zone située au sud du fleuve Zahrani, à quelque 40 kilomètres au nord de la frontière, car les troupes « continuent de viser » dans ce secteur des infrastructures du Hezbollah.
L’Agence nationale d’information (ANI) a fait état d’une vingtaine de frappes dans le sud et l’est du du Liban, précisant qu’un couple et leur fille avaient été blessés dans une frappe sur leur voiture.
Quelques heures plus tôt, l’armée israélienne avait annoncé qu’une « infiltration d’appareil hostile » avait déclenché une alerte aérienne dans un village du nord d’Israël, près de la frontière.
Selon la déclaration des parties publiée à Washington, l’accord de cessez-le-feu est conditionné à un « arrêt complet » des tirs du Hezbollah et à « l’évacuation » des membres du mouvement de la zone située au sud du fleuve Litani, qui coule à une trentaine de kilomètres au nord la frontière avec Israël.
Selon M. Katz, l’accord y prévoit la création d’une « zone démilitarisée ». Le texte comprend plusieurs zones d’ombre, comme la mention de la mise en place « de zones pilotes dans lesquelles les Forces armées libanaises exerceront un contrôle exclusif », sans précision supplémentaire.
Un cessez-le-feu avait déjà été annoncé le 17 avril et renouvelé, sans effet sur le terrain, les deux parties s’accusant mutuellement de violer la trêve et poursuivant leurs attaques à un rythme quasi-quotidien. Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite, a qualifié jeudi cet accord de « grave erreur ».
Mahmoud Qomati, haut responsable du Hezbollah, avait assuré mardi que sa formation, qui rejette les négociations de Washington, n’accepterait pas un « cessez-le-feu partiel ». Le Hezbollah a continué de revendiquer jeudi des attaques contre les troupes israéliennes en territoire libanais.
L’accord a été annoncé au moment où les négociations entre Washington et Téhéran patinent. L’Iran exige que tout accord avec Washington englobe un cessez-le-feu au Liban et ses Gardiens de la Révolution ont exigé jeudi un retrait israélien du pays.
Son ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a prévenu mercredi que toute attaque contre la capitale libanaise, épargnée depuis avril, entraînerait « une reprise à grande échelle de la guerre ».
Les frappes israéliennes ont fait plus de 3.500 morts depuis le début du conflit le 2 mars, et ont déplacé plus d’un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 26 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.
