Le démarrage du tronçon algérien de ce gazoduc long de plus de 4.000 km a été qualifié « d’évènement historique » par le ministère des Hydrocarbures qui a souligné la présence du ministre algérien Mohamed Arkab, de ses homologues nigérian Ekperikpe Ekpo et nigérien Hamadou Tini et des patrons des compagnies publiques Sonatrach, NNPC et Sonidep.
L’inauguration du chantier dans la région d’Adrar fait suite à une réunion ministérielle à Alger du comité de pilotage du projet qui a débouché sur « l’adoption du rapport final d’une étude de faisabilité » du cabinet britannique Penspen, selon le ministère.
Le démarrage du chantier est « une étape charnière de la concrétisation de ce projet énergétique continental stratégique qui vise à transporter 20 à 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an depuis le Nigeria, via le Niger, vers l’Algérie », a souligné le ministère, qui parle de « l’un des plus grands projets structurants à l’échelle » de l’Afrique.
Le gaz naturel pourra ensuite être exporté, selon le ministère, « vers les marchés régionaux et internationaux » notamment l’Europe dont l’Algérie est devenue l’un des principaux fournisseurs ces dernières années (représentant environ 12% des importations gazières européennes) depuis le boycott du gaz russe après l’invasion de l’Ukraine.
Selon le ministère algérien, le tronçon à peine débuté absorbera à la fois du gaz en provenance du Nigeria et « des volumes supplémentaires produits en Algérie sur un certain nombre de bassins gaziers en cours de mise en valeur ou nouveaux, en particulier celui d’Ahnet ».
Lors du lancement du projet en 2009, le coût du Trans-Saharan Gas-Pipeline (TSGP) était estimé à 10 milliards de dollars, un montant qui a grimpé à entre 12 et 18 milliards d’euros.
Le gazoduc doit également permettre l’alimentation des pays du Sahel.
Ce projet avait été réactivé dans un contexte géopolitique marqué par une forte demande internationale de gaz et pétrole et une flambée des prix, après l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022.
Rivaux régionaux, le Maroc et l’Algérie sont engagés dans deux mégaprojets de gazoduc concurrents les reliant au Nigeria, en ciblant le marché européen.
Lancé en 2016 puis relancé en 2023, le gazoduc Nigeria-Maroc (NMGP), long d’environ 6.000 km, devrait traverser 13 pays africains sur la façade atlantique pour acheminer des milliards de mètres cubes de gaz nigérian jusqu’au royaume chérifien. De là, il doit être connecté au Gazoduc Maghreb Europe (GME). Son coût a été estimé à 23 milliards d’euros.
