Né à Hoboken en Belgique, Zakari El Ouahdi n’a jamais hésité lorsqu’il a fallu choisir sa carrière internationale. Il a toujours privilégié le Maroc, malgré l’intérêt manifesté par la Fédération belge. « Je n’ai certainement pas eu à y réfléchir à deux fois. Le Maroc était tout simplement ma priorité ». « C’est un choix réfléchi et du cœur aussi », dit-il.
Un attachement au rouge et vert forgé au fil des années passées dans les sélections marocaines. Champion d’Afrique des moins de 23 ans sous les ordres d’Issame Charaï puis médaillé de bronze aux Jeux olympiques de Paris 2024, Zakaria El Ouahdi garde un souvenir marquant de ses premières expériences avec les Lions de l’Atlas.
« J’ai joué pour le Maroc aux Jeux olympiques et à la CAN U23. L’ambiance et les installations étaient exceptionnelles. Cela disait vraiment : choisissez-nous », explique-t-il.
Formé en Belgique au Beerschot et à Zulte Waregem, El Ouahdi se révèle véritablement au RWDM, où il contribue au retour du club bruxellois parmi l’élite du football belge. Ses performances attirent rapidement l’attention du Racing Genk, qui le recrute à l’été 2023.
Dans le Limbourg, sa progression est fulgurante. Grâce à son volume de jeu, sa vitesse et sa capacité à se projeter vers l’avant, il s’impose rapidement comme un titulaire indiscutable. Son endurance et sa régularité convainquent même Genk de prolonger son contrat jusqu’en 2028, malgré l’intérêt de plusieurs clubs européens dont le FC Porto et Benfica.
Statistiques exceptionnelles
La saison 2025-2026 constitue celle de sa consécration. Avec 12 buts et 5 passes décisives en 41 rencontres toutes compétitions confondues, il affiche des statistiques exceptionnelles pour un défenseur. Sur la scène européenne, il confirme son efficacité avec quatre buts et une passe décisive en neuf matchs d’Europa League.
En Ligue Europa comme dans les grands rendez-vous du championnat belge, il s’affirme régulièrement comme un élément décisif, au point de devenir l’un des joueurs les plus influents de Genk. Ses performances lui valent également plusieurs prix individuels majeurs.
Après avoir été nommé Lion Belge 2025, une distinction récompensant le meilleur joueur d’origine maghrébine de la Pro League, il remporte en 2026 le prestigieux Soulier d’Ebène, trophée attribué au meilleur joueur africain ou d’origine africaine évoluant en Belgique. Il devient ainsi le troisième Marocain à inscrire son nom au palmarès après Mbark Boussoufa et Tarik Tissoudali.
Ambitieux et déterminé, El Ouahdi n’a jamais caché son objectif de participer à la Coupe du monde avec les Lions de l’Atlas. « Je pense chaque jour au Mondial car c’est le rêve de tout le monde. Mon but est d’être du voyage et je vais faire mon maximum pour être dans la liste », confiait-il quelques semaines avant l’annonce de la sélection, un rêve désormais devenu réalité.
« C’est un rêve d’enfant qui se réalise. Le monde entier a les yeux rivés sur nous. Vivre une telle expérience est fantastique », reconnaît-il aujourd’hui.
Dans une sélection marocaine particulièrement compétitive, El Ouahdi a dû gagner sa place malgré la présence de références mondiales à son poste. Le principal modèle du joueur de Genk n’est autre qu’Achraf Hakimi, qu’il considère comme une source d’inspiration permanente.
« Je le regarde beaucoup. Je m’inspire énormément de lui. Je veux atteindre son niveau », affirme le défenseur, qui voit dans le capitaine des Lions de l’Atlas un véritable mentor sur le terrain.
Discret en dehors du rectangle vert et brillant de sa régularité sur les pelouses, Zakaria El Ouahdi symbolise parfaitement la nouvelle génération des internationaux marocains. Champion d’Afrique U23, médaillé olympique, révélation du championnat belge et désormais mondialiste, il incarne la réussite d’un parcours construit avec patience, travail et ambition, jusqu’à rejoindre l’élite du football mondial.
A l’heure où le Maroc s’apprête à confirmer son statut parmi les grandes nations du football après l’épopée historique au Qatar en 2022, El Ouahdi apparaît comme l’un des visages de l’avenir des Lions de l’Atlas. Sa première Coupe du monde constitue l’aboutissement d’un cheminement remarquable, mais aussi sans doute, le point de départ vers un nouveau palier dans sa carrière.
(avec MAP)
