Maroc

Hirak: la partie civile estime les pertes de l'Etat à plus de "20 millions de dirhams"

Crédit : Yassine Toumi/TELQUEL
Hirak: la partie civile estime les pertes de l'Etat à plus de "20 millions de dirhams"
janvier 16
16:28 2018
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Le Hirak d'Al Hoceima a causé plus de "20 millions de dirhams" de dégâts, selon l'avocat de la partie civile qui s'exprimait à la reprise du procès ce mardi.

Mohamed Karout a pris le relais d'Abdelkabir Tabih pour la partie civile ce mardi lors de la reprise du procès de 54 manifestants du Hirak à la cour d'Appel de Casablanca. Le représentant de l'État a révélé que 604 policiers et 178 agents des forces auxiliaires ont été "victimes" de violences lors des manifestations du mouvement de contestation dans le Rif. D'après lui, la facture des dégâts causés depuis le déclenchement du Hirak s'élève à plus de "20 millions de dirhams". Il n'a toutefois donné aucune précision sur ce chiffre.

Au cours de la première partie de cette audience, Me Karout s'est principalement attaqué aux demandes de la défense du Hirak. "Pourquoi vouloir convoquer les patrons d'entreprises de télécommunications comme INWI, l'ANRT ou encore Mark Zuckerberg?", a-t-il assené au moment d'évoquer les innombrables convocations formulées par les avocats de Nasser Zafzafi et co. "Qu'entend prouver la défense en convoquant le pilote de l'hélicoptère (qui a mené Nasser Zafzafi d'Al Hoceima à Casablanca lors de son arrestation, NDLR) ou des chauffeurs qui ont transporté les autres détenus?", a-t-il poursuivi.

Une autre demande de convocation semble exaspérer l'avocat, celle des différents supports de presse (Chouf TV, Chada FM, Medi1 TV, Cawaliss, Al Ahdath Al Maghribia, etc) que les avocats de la défense accusent d'avoir "diffamé" des détenus du Hirak. "La diffamation supposée s'est déroulée après les faits traités dans ce procès. C'est un autre dossier, donc il n'y a pas lieu d'en parler", tranche l'avocat. Il cite aussi d'autres personnalités que la défense souhaite convoquer comme Said Chaou, Ahmed Assid ou encore des ministres. "Ces demandes sont vagues et vides de sens et n'ont pour objet que de faire s'éterniser le procès", conclut Karout.

L'avocat a également critiqué la requête de la défense de joindre au dossier les passages du rapport du CNDH ayant fuité dans la presse, et qui donnent du crédit aux allégations de mauvais traitement, voire de torture contre les détenus du Hirak. "Comment peut-on joindre des documents non officiels et incomplets? Le CNDH lui-même s'est dédouané de ces passages qui ont fuité", dit-il.

Les déclarations de Me Karout ont provoqué l'agacement de certains avocats de la défense qui ont quitté la salle. "Mes confrères se vexent et m'interrompent alors qu'on ne les a jamais coupés lors de leurs interventions", a-t-il enchaîné.

Lire aussi: Le torchon brûle entre le CNDH et les milieux sécuritaires

Le sujet de la vidéo polémique montrant Nasser Zafzafi dénudé lors de ce qui s'apparentait à un examen médical a également été évoqué. Pour Mohamed Karout, "la défense ne peut demander une enquête complémentaire  sur cette vidéo, car elle n'a rien à voir avec le dossier en cours".

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