Maroc

Les candidats salafistes, les autres perdants des législatives 2016

Abou Hafs. Crédit : Yassine Toumi
Les candidats salafistes, les autres perdants des législatives 2016
octobre 10
16:13 2016
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Abou Hafs et Hicham Temsamani, candidats salafistes sous les couleurs de l'Istiqlal aux élections législatives, ont été défaits dans leur circonscription tandis que Hammad Kabbaj (PJD) a été interdit de se présenter.

Les élections législatives 2016 ont été marquées par une participation contestée et fortement médiatisée de candidats salafistes qui se sont présentés dans diverses circonscriptions et sous les couleurs de différents partis. Il s'agit de d'Abdelwahab Rafiqi alias Abou Hafs et Hicham Temsamani qui se sont présentés respectivement à Fès et à Tanger sous les couleurs de l’Istiqlal. Hamad Kabbaj, qui devait, lui concourir à Marrakech sous la bannière du PJD, avait vu sa candidature invalidée par le ministère de l’Intérieur avant même le début des campagnes.

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A l'issue du scrutin, aucun des deux candidats salafistes n'a été élu. Selon Abou Hafs qui s'était présenté aux côté du secrétaire général du parti de l’Istiqlal Hamid Chabat dans la circonscription Fès-nord, sa défaite « est évidente ».

« On s'attendait à ces résultats parce que c'est ma première expérience. C'est quelque chose de nouveau pour moi parce que je n'étais pas habitué à être en contact avec autant de monde » nous explique l'ex salafiste qui précise qu'il a justement « préféré être deuxième sur la liste, pas d'en prendre la tête, pour voir comment ça se passe ».

« Quand j'étais salafiste, j'étais populaire »

Un manque d'expérience qui expliquerait également l'échec de Hicham Temsamani Jad, l'autre candidat salafiste qui s'est présenté en tant que tête de liste sous les couleurs de l'Istiqlal à Tanger, selon Abou Hafs qui le connait bien pour l'avoir suggéré au Parti de la renaissance et la vertu (PRV) il y a quelques années.

Pour sa part, Abou Hafs explique également sa défaite par la relation compliquée qu'entretiennent l'Istiqlal et l'électorat de Fès depuis les élections communales de septembre 2015 mais aussi le facteur temps. « Ce n'était pas facile de gagner deux sièges dans cette ville. J'avais besoin de beaucoup plus de temps pour regagner la confiance des citoyens de Fès. Nous avons travaillé pour obtenir un siège et nous l'avons eu ».

Il note en revanche que son statut d'ex-salafiste était un avantage dans  la ville de Fès où il bien connu : « Quand j'étais salafiste j'étais populaire ici. Ceux qui ont voté pour moi l'ont fait parce qu'ils me connaissaient bien dans les années 2000 et 2001 ».

Condamnés en 2003 dans le cadre des attentats de Casablanca

Cette défaite aux législatives n'a toutefois pas entamé le morale du candidat istiqlalien qui compte bien continuer l'aventure qu'il a entamée il y a peu avec le parti de la balance. « Pour moi, c'était une très belle expérience. Je suis très satisfait. J'ai vécu quelque chose d'excitant et je vais pas m'arrêter là. Ce n'était que le début », nous indique t-il, justifiant son attachement au parti de la balance par le fait que cette formation va lancer très prochainement « un grand projet de dé-radicalisation des jeunes ».

Abou Hafs, ancien détenu et condamné dans le cadre des attentats du 16 mai n’a pas cessé de surprendre par ses prises de positions. Après sa grâce en février 2012, Abou Hafs a fait parler de lui suite à son ralliement, avec d’autres têtes d’affiche du salafisme marocain, au jusque-là très discret PRV (Parti renaissance et vertu). Il rejoindra le parti de la balance à quelques mois des élections législatives.

De son côté,  Hicham Temsamani, ancien imam d’une mosquée de Tolède a été incarcéré en Espagne au lendemain des attentats du 16 mai 2003 à Casablanca. Près d’un an plus tard, il est extradé vers le Maroc suite aux attentats de Madrid. Accusé d’être « impliqué dans les attentats de Casablanca », il a été finalement blanchi en 2005 par la justice marocaine.Depuis, celui qui entretenait des liens avec la salafia jihadia , s'est investi en politique et a, comme son ami Abou Hafs, rejoint le PRV avant d'opter pour l'Istiqlal.

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