La candidature de Hammad Kabbadj rejetée par le wali de Marrakech-Safi

Le wali de Marrakech a rejeté la candidature de Hammad Kabbadj, candidat PJD pour « ses positions contre les principes de la démocratie ».

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Crédit : Tniouni

Le prédicateur salafiste Hammad Kabbadj ne participera pas aux élections législatives du 7 octobre. Sa candidature sous les couleurs du parti de la justice et du développement (PJD) a été invalidée par Abdelfattah Bjioui, le wali de Marrakech-Safi. L’annonce a été faite, le vendredi 16 septembre, par Hammad Kabbadj lui-même sur sa page Facebook officielle.

« Il s’est avéré après une enquête administrative au sujet du dossier du candidat que le concerné avait exprimé à plusieurs occasions des positions contre les principes de la démocratie, reconnus par la Constitution, en faisant la promotion d’idées extrémistes qui appellent à la haine, à la discrimination, à la ségrégation et la violence au sein de la société marocaine », justifie le wali dans la lettre envoyée à Hammad Kabbadj.

Accusé par « Touche pas à mon enfant »

La décision tombe quelques jours après la polémique qui a éclaté suite à un communiqué de l’association  « Touche pas à mon enfant », accusant Hammad Kabbadj d’avoir « pris pour cible les mères célibataires, notamment leur représentante Aïcha Echenna », et qualifié cette dernière de « icône de la débauche », « marraine des prostituées et de toutes les dépravées du pays ».

Hammad Kabbadj a démenti le 15 septembre les accusations de l’association. « Nous ne pouvons pas systématiquement associer cette assistance à un cautionnement des éventuelles erreurs de ces femmes par le passé, surtout que beaucoup de ces femmes n’ont tout simplement pas fait d’erreur ni choisi leur situation, ayant été victimes de violences notamment. A ce titre, je démens formellement les propos qui me sont attribués et invite ceux qui les relaient à nous présenter leurs sources » écrit-t-il sur sa page Facebook officielle.

Dans une autre vidéo publiée par le site d’information arabophone Febrayer, Kabbadj réagit et répond l’association en expliquant que le traitement de la problématique des mères célibataires passe par la sensibilisation religieuse sur les conséquences du péché des relations sexuelles hors mariage.

 

Quel danger représente Hammad Kabbadj ?

L’annonce il y a quelques semaines de la candidature de Hammad Kabbadj avait, à juste titre, outré de nombreux progressistes au regard de l’idéologie qu’il représente. Hormis un ouvrage « Le salafisme au Maroc et son rôle dans la lutte contre le terrorisme » paru en 2008 et ses condamnations récurrentes des attentats terroristes, la vision religieuse de Hammad Kabbadj est conforme à celle des salafistes wahhabites rigoristes.

L’ex tête de liste PJD à Marrakech  n’est autre que l’ancien disciple de Mohammed Maghraoui, chef de file du salafisme wahhabite marocain, et qui avait fait polémique en 2008 à cause de sa fameuse Fatwa, autorisant le mariage des filles de 9 ans.

Comme son maître, les déclarations de Kabbadj sont rétrogrades. Dans un article publié le 27 juillet dernier sur son site officiel, Hammad Kabbadj répond aux féministes qui appellent à abolir la polygamie.

Selon lui « la polygamie aide l’homme à s’éloigner du péché de l’adultère », elle est essentielle pour garantir les droits de la femme dans un cadre légal. « On ne peut pas éviter les conséquences de la polygamie, dont la jalousie de la femme (…) la polygamie allège les abus. C’est est un moindre mal que l’adultère en tout cas » détaille-t-il, en rajoutant que le nombre de quatre femmes pour un homme reste « raisonnable ».

Le 13 octobre 2015, le prédicateur salafiste poste sur les réseaux sociaux un hadith prêté au prophète : «  Les musulmans vont combattre les juifs, et les vaincre au point que les juifs vont s’enfuir et se cacher derrière une pierre qui parlera et dira aux musulmans : il est derrière moi, viens le tuer. » Ça se passe de commentaires.

 

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