Rachid Saihi, directeur général du Centre monétique interbancaire (CMI). Crédit: DR

Paiements électroniques : comment le CMI prépare le Maroc à l'ère du tout-digital

En lançant Fatourati QR en marge du GITEX Africa, le CMI franchit une nouvelle étape dans la digitalisation des paiements. Son directeur général, Rachid Saihi, revient sur une année charnière et livre sa feuille de route pour 2026.

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Un QR Code sur une facture, et le paiement se fait en un scan. Fatourati QR, tient-il vraiment cette promesse de simplicité ?

Fatourati QR permet d’accéder aux informations d’une facture et de la régler en temps réel, par simple scan d’un QR Code intégré dans un document papier, un PDF ou un e-mail. Pour les entreprises et les administrations, cela signifie un recouvrement accéléré et un rapprochement comptable simplifié. Le service est déjà disponible via plusieurs applications de M-banking et wallets MarocPay. Côté créanciers, nous proposons des intégrations via API, application web activable en 48 heures et connexion via agrégateurs/fintechs.

Le marché monétique est entré dans une logique multi-acquéreurs, et le CMI y occupe désormais un rôle plus technique et plus central à la fois. Comment cette transformation va-t-elle accélérer l’usage du paiement électronique ?

Depuis mai 2025, sept établissements de paiement ont été activés par le CMI, créant une émulation positive et accélérant l’équipement des commerçants. Dans ce modèle, le CMI opère comme une plateforme de processing multi-acquéreurs assurant équipement, traitement des transactions, sécurité et supervision en temps réel. Il concentre également ses efforts sur l’innovation, l’accompagnement des EDP et l’amélioration des parcours de paiement. Cette transformation accélère l’acceptation et l’usage du paiement par carte, et marque un tournant vers un écosystème monétique plus innovant et aligné avec les tendances internationales.

Dans ce contexte de transformation et de digitalisation accélérée, quel bilan tirez-vous de l’année 2025 ?

L’année 2025 s’inscrit comme une étape charnière pour l’écosystème des paiements électroniques, marquée par l’accélération des usages digitaux, la transformation du marché et l’évolution de Fatourati.

Sur la monétique, le volume des transactions a dépassé 240 millions d’opérations (+15 %), pour près de 100 milliards de dirhams encaissés par les commerçants, dont 32 milliards via des cartes étrangères, contribuant aux entrées en devises.
Fatourati s’inscrit dans la même dynamique, avec plus de 70 canaux opérés par 32 institutions financières. La plateforme a dépassé 252 millions de transactions en 2025, pour environ 223 milliards de dirhams recouvrés, dont 207 milliards pour les créances et services publics. Au total, le CMI a traité près de 500 millions de transactions, soit environ 1,4 million par jour, pour un montant global de 323 milliards de dirhams, avec une continuité de service assurée 24h/24 et 7j/7.

Après une année 2025 marquée par des volumes record et une profonde reconfiguration du marché monétique, quelle feuille de route vous fixez-vous pour 2026 ?

La priorité est claire : garantir une fiabilité absolue des paiements à travers le renforcement de la supervision en temps réel, de la sécurité et de la continuité opérationnelle. Nous poursuivons également la modernisation des parcours avec le déploiement élargi du SoftPOS, des TPE intelligents et un paiement en ligne plus intuitif et instantané. Sur Fatourati, nous accélérons l’embarquement des facturiers afin de généraliser les usages. Nous lancerons également cette année une évolution majeure sur les applications bancaires. L’objectif reste d’accompagner la stratégie Digital Morocco 2030, en facilitant l’accès à des solutions de paiement modernes, fiables et accessibles à tous.