La tragédie a commencé samedi après-midi avec la découverte d’un premier corps. Trois autres ont ensuite été repêchés par les équipes de la Garde civile dimanche matin et à la mi-journée. Les quatre victimes auraient péri en tentant d’atteindre Sebta à la nage.
Ces décès interviennent dans un contexte de recrudescence sans précédent des tentatives de migration par voie maritime. La frontière maritime entre le Maroc et Sebta connaît une pression croissante ces derniers jours, tandis que les centres d’accueil pour adultes et mineurs de la ville sont confrontés à une surpopulation dépassant largement leurs capacités.
Derrière ces chiffres se cachent les drames de dizaines de familles marocaines toujours à la recherche de proches disparus après leur départ en mer. Certains ne subsistent plus qu’à travers des avis de recherche diffusés sur les réseaux sociaux, tandis que d’autres finissent dans les morgues, dans l’attente d’une identification.
Face à cette situation, le gouvernement de Sebta a demandé à Madrid de modifier la législation sur l’immigration. Les autorités locales estiment que la décision de la Cour suprême espagnole interdisant les refoulements immédiats des migrants arrivant à la nage a contribué à accentuer la pression migratoire sur la ville.
Plus tôt en juillet, le représentant de l’Association unifiée de la Garde civile à Sebta avait déjà averti que les nouvelles restrictions concernant les refoulements en mer risquaient d’entraîner une hausse des tentatives de traversée et, par conséquent, une augmentation du nombre de décès.
Alors que le débat politique se poursuit sur la gestion des flux migratoires, la mer continue d’emporter des vies, laissant derrière chaque victime
