Interrogé par TelQuel Arabi, Abdeladim, producteur d’ail dans la province d’Ifrane, affirme avoir subi d’importantes pertes financières au cours de cette campagne en raison de l’effondrement inédit des prix, en particulier de l’ail blanc. Il explique que le prix de vente à la sortie des exploitations ne dépasse pas 8 dirhams le kilogramme, alors que le coût de production excède 15 dirhams le kilogramme.
Selon lui, les producteurs marocains sont désormais incapables de concurrencer l’ail importé, notamment celui en provenance de Chine, vendu à des prix très bas malgré une qualité inférieure. Il estime que l’arrivée de volumes importants d’ail importé au moment de la récolte nationale a considérablement aggravé les pertes des agriculteurs.
Il précise que les semences d’ail ont été achetées à l’automne dernier à plus de 35 dirhams le kilogramme, auxquels s’ajoutent les coûts de la main-d’œuvre liés aux opérations de plantation et de récolte, ce qui a encore alourdi les pertes. Il appelle les ministères concernés à prendre des mesures urgentes afin de protéger la production nationale de la concurrence étrangère.
Cette inquiétude ne se limite pas aux petits producteurs. La Fédération nationale des producteurs et vendeurs d’ail au Maroc, affiliée à l’Union générale des entreprises et des professions, avait déjà alerté, dans un communiqué, sur les pertes récurrentes subies depuis plusieurs années par les producteurs marocains. Elle attribue cette situation à l’inondation du marché national par l’ail importé pendant les périodes de récolte, créant une concurrence jugée déloyale et pénalisant la commercialisation de l’ail marocain, pourtant réputé pour sa qualité, son goût et son arôme.
La Fédération indique avoir engagé des démarches pour porter les revendications des producteurs auprès des autorités compétentes. Elle précise avoir rencontré le président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural, avant d’adresser des courriers au ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, au ministre de l’Industrie et du Commerce, ainsi qu’au président du Conseil de la concurrence, afin de solliciter des réunions consacrées aux difficultés auxquelles est confrontée la filière de l’ail au Maroc.
Le bureau exécutif de la Fédération souligne que cette initiative vise à promouvoir l’adoption de mesures garantissant la pérennité de la production d’ail au Maroc, le développement du secteur et le renforcement de sa compétitivité, afin de permettre au Royaume de consolider sa position dans la production et l’exportation de cette culture, selon le communiqué publié à l’issue de la réunion.
