Interrogé sur cette question, Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé, a tenu à rassurer quant au risque de transmission de la tuberculose des animaux sacrifiés vers l’être humain. S’il rappelle que la tuberculose est bien une zoonose, c’est-à-dire une maladie transmissible entre l’animal et l’homme, il souligne que les cas de tuberculose chez les ovins demeurent extrêmement rares comparativement aux bovins, qui constituent la principale source de contamination recensée chez l’homme. Selon lui, la transmission de la maladie du mouton vers l’être humain reste donc exceptionnelle.
Concernant les modes de contamination, Hamdi explique que la tuberculose se transmet principalement par la consommation de lait non pasteurisé provenant d’animaux infectés. Les personnes en contact direct avec des animaux malades, notamment les agriculteurs et les éleveurs, peuvent également être exposées. La consommation de viande issue d’un animal atteint peut constituer un facteur de risque, mais uniquement lorsque celle-ci n’est pas suffisamment cuite.
S’agissant plus spécifiquement des moutons de l’Aïd, le spécialiste estime que le risque de transmission de la tuberculose à l’homme demeure très faible. Les bovins restent, selon lui, la principale source de cette maladie, tandis que les cas observés chez les ovins sont rares. Il rappelle également que la contamination est généralement liée à la consommation de lait cru et de ses dérivés plutôt qu’à celle de la viande. Une cuisson adéquate permet en effet d’éliminer le risque de transmission, même si l’animal était porteur de la maladie.
Enfin, Tayeb Hamdi indique que la tuberculose peut rester longtemps asymptomatique chez l’animal, en particulier chez les moutons. Toutefois, l’examen des organes après l’abattage peut révéler certaines lésions ou anomalies au niveau des poumons, du foie ou des ganglions lymphatiques, susceptibles d’indiquer une infection tuberculeuse.
