Ebola en RDC : l'OMS et l'UNICEF avertissent contre une épidémie qui s'étend à une ampleur sous-estimée

L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) continue de s'étendre et son ampleur réelle reste probablement sous-estimée, ont averti vendredi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF).

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Une jeune fille, possiblement infectée par le virus Ebola, dans un hôpital de Kenema (Sierra Leone), le 16 août 2014. Crédit: AFP

Au 10 juin, 676 cas confirmés et 136 décès avaient été recensés. L’épidémie touche désormais 34 zones de santé dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, sur un territoire de près de 1.000 kilomètres, a déclaré Olivier le Polain, responsable de l’Unité chargée de l’épidémiologie et de l’analyse de la riposte à l’OMS, lors d’un point de presse à Genève.

Selon ce responsable de l’OMS qui s’exprimait en visio depuis Beni, au Nord-Kivu, la flambée est alimentée par la forte mobilité des populations, l’insécurité persistante et la faiblesse du système de santé. Dix-sept zones de santé ont été identifiées comme des foyers prioritaires nécessitant un renforcement des moyens de surveillance, de recherche des contacts, de dépistage et de prise en charge.

De retour de Bunia, dans l’Ituri, Douglas Noble, responsable des urgences Ebola à l’UNICEF, a, quant à lui, souligné la vulnérabilité particulière des enfants dans une région marquée par les conflits, les déplacements de population et la malnutrition chronique. Plus de la moitié des enfants de moins de cinq ans y souffrent de malnutrition et plus d’un sur cinq n’a jamais reçu les vaccins de base.

Les enfants représentent actuellement entre 14 et 17 % des cas recensés, mais leur proportion pourrait augmenter à mesure que les transmissions au sein des ménages progressent. Les premiers symptômes de la maladie chez les enfants étant proches de ceux du paludisme, les diagnostics précoces restent difficiles.

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L’UNICEF s’inquiète également du manque d’information au sein des communautés. Une enquête récente montre que près des deux tiers des jeunes ignorent comment Ebola se transmet et qu’environ la moitié d’entre eux n’accepteraient pas le retour d’un survivant dans leur communauté.

L’épidémie a par ailleurs franchi la frontière avec l’Ouganda, où 19 cas et deux décès ont déjà été signalés. L’UNICEF soutient les efforts de prévention dans 37 districts ougandais à haut risque.

Les deux agences onusienne ont appelé à un renforcement rapide de la réponse internationale. L’UNICEF recherche encore 17,4 millions de dollars sur les 70,7 millions nécessaires pour financer ses opérations au cours des six prochains mois. Elles ont également insisté sur la nécessité d’un accès humanitaire sûr et sans entrave pour contenir la propagation du virus.

(avec MAP)