Dans ce contexte, le député parlementaire Mustapha Ibrahimi, du Parti de la justice et du développement, a adressé six questions au ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Azzedine El Midaoui, au sujet de ce qu’il considère comme “l’omission d’une décision validée par le Conseil de l’Université Ibn Tofaïl”, selon la question écrite dont “TelQuel Arabi” détient copie.
La question s’appuie sur les dispositions de la loi n°59.24 relative à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique, ainsi que sur le principe du respect des décisions des conseils universitaires, en tant qu’instances décisionnelles disposant de prérogatives pédagogiques et administratives. Selon le texte de la question, la décision remonte au 23 janvier 2025, date à laquelle le Conseil de l’Université Ibn Tofaïl a approuvé, lors de sa quatrième session du huitième mandat, la décision n°59/25 portant création de la filière des sciences de l’information et de la communication.
Le député précise que cette décision a été prise conformément aux procédures internes de l’université et après délibération légale au sein du conseil compétent. Pourtant, selon lui, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a indiqué, dans sa réponse à une précédente question écrite, que cette filière n’avait pas été intégrée à la carte pédagogique de l’année universitaire 2025-2026, justifiant cette exclusion par le “non-accomplissement des procédures réglementaires”, sans mentionner la décision du Conseil de l’université ni la traiter comme une décision exécutoire.
Ibrahimi s’interroge ainsi sur le caractère contraignant des décisions des conseils universitaires pour le ministère, sur les raisons ayant conduit à la non-inscription de la filière malgré son approbation, sur la base juridique ayant motivé son exclusion de la carte pédagogique, ainsi que sur le fait de savoir si le ministère avait notifié au Conseil de l’université une quelconque objection avant la validation finale.
Le député soulève également des questions liées au rôle du ministère dans l’appréciation du respect des procédures, et à la possibilité que cela constitue, selon ses termes, une atteinte au principe d’autonomie des universités et à la gouvernance de leurs décisions. Il appelle à prendre les mesures nécessaires pour corriger la situation, afin d’intégrer la filière des sciences de l’information et de la communication au titre de l’année universitaire 2026-2027, sur la base de la décision du Conseil de l’université.
Cette absence comporte une certaine contradiction, dans la mesure où l’actuel ministre de l’Enseignement supérieur, Azzedine El Midaoui, qui a pris ses fonctions en 2024, avait lui-même annoncé ce projet lors d’une leçon inaugurale donnée le 21 février 2023, lorsqu’il était président de l’Université Ibn Tofaïl entre 2014 et 2023.
Cette situation avait déjà poussé le député Ibrahim Aaba à adresser une question écrite, le 17 octobre 2025, au sujet de ce qu’il avait qualifié de “gel de la création de la filière”.
Après le début de la médiatisation de l’affaire, le ministre de tutelle a répondu à cette question écrite le 7 mai 2026, soit près de sept mois plus tard, en rejetant le terme de gel et en expliquant que le dossier relevait du “non-achèvement de la procédure réglementaire d’accréditation nécessaire”.
Cette réponse officielle place toutefois le ministère face à des éléments issus des coulisses de l’institution. Des sources informées affirment à “TelQuel Arabi” que la procédure légale et réglementaire a été intégralement respectée, conformément aux règles en vigueur.
La même source s’interroge : si le projet comportait des insuffisances, comment a-t-il pu parvenir jusqu’à l’étape de l’approbation par la plus haute instance décisionnelle du conseil ? Et s’il existait des observations, pourquoi n’ont-elles pas été transmises à l’équipe pédagogique, ou pourquoi aucun dialogue n’a-t-il été ouvert ?
