S’exprimant lors d’une conférence de presse à Genève, M. Ghebreyesus a précisé avoir pris cette décision dimanche, en vertu du Règlement sanitaire international et après consultation des autorités sanitaires des deux pays, une première avant même la réunion d’un comité d’urgence, qui s’est tenue mardi.
Celui-ci a confirmé que la situation constituait bien une urgence de santé publique de portée internationale, sans toutefois atteindre le niveau de « d’urgence pandémique », nouvelle classification la plus élevée prévue par les règles amendées, a déclaré la présidente du comité, Lucille Blumberg.
Selon l’OMS, 51 cas confirmés ont été recensés en RDC dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, notamment à Bunia et Goma, mais l’organisation estime que l’ampleur réelle de l’épidémie est bien plus importante.
Deux cas confirmés, dont un décès, ont également été signalés à Kampala chez des personnes arrivées depuis la RDC, tandis qu’un ressortissant américain contaminé a été transféré en Allemagne.
L’OMS fait état de près de 600 cas suspects et 139 décès suspects, avertissant que ces chiffres devraient continuer à augmenter en raison de la circulation prolongée du virus avant sa détection.
L’organisation souligne également la propagation à plusieurs zones urbaines, des contaminations parmi les personnels de santé, ainsi que l’insécurité persistante et les déplacements massifs de population dans l’Ituri, région minière où les combats se sont intensifiés depuis fin 2025.
L’épidémie est causée par le virus Bundibugyo, une souche du virus Ebola contre laquelle il n’existe ni vaccin ni traitement homologué, ont indiqué les responsables de l’OMS.
Le directeur général de l’agence onusienne a annoncé avoir renforcé le dispositif de l’OMS sur le terrain et débloqué 3,4 millions de dollars supplémentaires, portant son financement d’urgence total à 3,9 millions.
Interpellée sur la rapidité de la propagation, l’OMS a indiqué avoir été alertée de l’apparition d’une maladie à forte mortalité le 5 mai, un premier cas a été testé positif le 15, et l’organisation a décrété l’urgence de santé internationale deux jours plus tard.
« Vu l’ampleur du problème, nous pensons que l’épidémie a probablement commencé il y a quelques mois, mais les enquêtes sont en cours », a expliqué Anaïs Legand, experte technique sur les fièvres hémorragiques virales à l’OMS.
Elle a relevé que la priorité pour l’OMS est « vraiment de briser la chaîne de transmission en mettant en oeuvre le traçage des contacts, l’isolement et la prise en charge de tous les cas suspects et confirmés ».
(avec MAP)
