Dans ce cadre, l’organisation a insisté sur la nécessité d’associer effectivement les infirmiers et les techniciens de santé à l’élaboration des politiques sanitaires et à la prise de décision au sein des groupements sanitaires territoriaux et des établissements hospitaliers. L’objectif est de garantir la mise en œuvre de programmes réalistes, adaptés aux besoins de la pratique de terrain, et de renforcer l’efficacité ainsi que la qualité des services de santé.
L’organisation a également souligné la nécessité de renforcer la gouvernance et de lier la responsabilité à la reddition des comptes au sein du système de santé, à travers l’adoption de critères clairs fondés sur la compétence, le mérite et l’intégrité dans l’attribution des postes de responsabilité, tout en activant le principe de reddition des comptes et en rompant avec toutes les formes de favoritisme et de clientélisme.
Elle a aussi réitéré son appel à améliorer les conditions du personnel de santé, à travers l’augmentation des salaires et des indemnités, notamment celles liées aux risques professionnels, afin de préserver la dignité des cadres infirmiers et de limiter le phénomène de migration des compétences sanitaires vers l’étranger.
L’organisation a également appelé à revoir le régime des horaires de travail afin de garantir un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle des cadres de santé, tout en assurant un environnement de travail sûr, préservant leur sécurité physique et psychologique. Elle a aussi plaidé pour la mise en place d’un système intégré de protection juridique et d’assurance professionnelle globale, couvrant les différents risques liés à l’exercice de la profession et renforçant la stabilité des travailleurs du secteur de la santé.
Sur le volet du développement de la formation et de la recherche scientifique dans les métiers infirmiers, l’organisation a appelé à une réforme globale des programmes pédagogiques des Instituts supérieurs des professions infirmières et techniques de santé (ISPITS), afin qu’ils accompagnent les transformations scientifiques et technologiques actuelles. Elle préconise notamment l’intégration des techniques de simulation médicale, de la digitalisation, de l’intelligence artificielle et de la télémédecine dans les cursus de formation, tout en affirmant que la formation continue doit devenir un droit fondamental garanti à tous les professionnels de santé, afin de renforcer leurs compétences et d’améliorer la qualité de la pratique professionnelle.
L’organisation a insisté sur la nécessité d’accélérer la création et l’activation du cycle doctoral en sciences infirmières au sein des ISPITS, le considérant comme un levier essentiel pour renforcer la recherche scientifique dans le domaine infirmier, valoriser les compétences nationales et permettre aux cadres infirmiers de contribuer, sur les plans académique et scientifique, au développement du système de santé.
Elle a également réclamé la création d’une indemnité spécifique de spécialisation au profit des lauréats de l’École nationale de santé publique (ENSP), en reconnaissance de leur parcours académique et de formation, ainsi que des rôles d’encadrement et de gestion qu’ils assument au sein du système de santé. Une mesure qui permettrait, selon elle, de reconnaître leurs compétences et de renforcer l’équité professionnelle dans le secteur.
L’organisation a en outre appelé à accélérer la transformation numérique au sein des établissements de santé, afin d’améliorer la qualité des services, de simplifier les procédures administratives et de renforcer la transparence et la gouvernance. Elle a également insisté sur la nécessité d’associer les cadres infirmiers aux projets de digitalisation, de contrôle sanitaire et pharmaceutique, tout en soulignant l’importance de renforcer la souveraineté sanitaire et pharmaceutique nationale, à travers l’investissement dans le développement des compétences nationales et le renforcement des infrastructures sanitaires et numériques.
Enfin, concernant la préparation sanitaire et la gestion des crises, l’organisation a appelé à mettre en place des programmes nationaux anticipatifs destinés à former les cadres infirmiers à l’intervention en cas d’urgences, de crises, de catastrophes naturelles et d’épidémies, tout en garantissant les moyens de protection ainsi que le soutien juridique et professionnel aux travailleurs de première ligne durant les circonstances exceptionnelles.
