Les attaques menées samedi par les rebelles touareg du FLA et les jihadistes du JNIM en périphérie de Bamako et dans plusieurs villes du centre et du nord du pays ont fait au moins 23 morts. Elles se sont aussi soldées par la perte de la ville clef de Kidal, un camouflet inédit pour la junte et ses alliés paramilitaires russes depuis le coup d’Etat de 2020.
Le FLA, groupe séparatiste réclamant le territoire de l’Azawad, a assuré samedi contrôler Kidal après des combats dans cette ville, ciblée lors d’offensives menées conjointement avec les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, allié à Al-Qaïda). Ces attaques ont également visé la périphérie de Bamako, ainsi que les villes de Gao et Sévaré. Le JNIM a revendiqué des frappes contre le siège de la présidence, le ministère de la Défense, l’aéroport international de Bamako et les installations militaires de Kati.
La perte de Kidal constitue un camouflet pour la junte : la ville avait été reprise en novembre 2023 par l’armée malienne appuyée par les paramilitaires russes de Wagner, mettant fin à plus d’une décennie de contrôle rebelle. Dimanche, selon un porte-parole du FLA, les derniers combattants russes retranchés dans un camp étaient toujours visés.
Sur le plan politique, le président Assimi Goïta, dont le sort était inconnu depuis les attaques, a reçu mardi l’ambassadeur de Russie, selon la présidence malienne qui a publié des photos de l’entretien — une apparition publique qui met fin aux spéculations sur son état et confirme le maintien du lien stratégique entre Bamako et Moscou.
Le Mali est confronté depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire, aggravée depuis la prise du pouvoir par la junte en 2020. En septembre 2024, le JNIM avait déjà revendiqué une double attaque contre l’aéroport militaire de Bamako et l’école de gendarmerie, causant plus de 70 morts.
