Plus de 71 milliards de dollars nécessaires pour reconstruire Gaza d'ici 2036, selon l'ONU et l'UE

Les Nations unies et l'Union européenne ont annoncé lundi évaluer à 71,4 milliards de dollars les besoins de reconstruction ces dix prochaines années à Gaza, selon une étude menée avec la Banque Mondiale.

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Gaza, en juillet 2024. Crédit: UNRWA / X

Les dommages, les pertes économiques et les besoins de redressement et de reconstruction à Gaza après 24 mois de conflit » sont estimés à 71,4 milliards de dollars (environ 60,7 milliards d’euros), indique un communiqué conjoint publié avec le rapport final d’Évaluation rapide des dommages et des besoins à Gaza.

Le texte précise que « 26,3 milliards de dollars » seront nécessaires au cours des 18 premiers mois « pour rétablir les services essentiels, reconstruire les infrastructures clés et soutenir la reprise économique ».

« Les dommages matériels aux infrastructures sont estimés à 35,2 milliards de dollars, tandis que les pertes économiques et sociales s’élèvent à 22,7 milliards de dollars », détaille encore le communiqué, précisant que le rapport avait établi que « les secteurs les plus durement touchés sont le logement, la santé, l’éducation, le commerce et l’agriculture ».

La guerre à Gaza a été déclenchée par l’attaque du Hamas en Israël du 7 octobre 2023, qui a entraîné la mort de 1.221 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles.

La campagne de représailles d’Israël a fait au moins 72.549 morts à Gaza, en majorité des civils, selon un bilan publié samedi par le ministère de la Santé du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU.

⁠Un retard de développement humain de 77 ans

Au total, selon l’étude, plus de 371.888 logements ont été détruits ou endommagés, plus de 50% des hôpitaux sont hors service, la quasi-totalité des écoles ont été détruites ou endommagées, et l’économie s’est contractée de 84% dans le territoire.

Environ 1,9 million de personnes ont été déplacées, souvent à plusieurs reprises, et plus de 60% de la population a perdu son logement.

« L’ampleur et la gravité des privations en matière de conditions de vie, de moyens de subsistance/revenus, de sécurité alimentaire, d’égalité des sexes et d’inclusion sociale ont retardé le développement humain dans la bande de Gaza de 77 ans », indique encore l’étude.

Face à « l’immensité des besoins », ces efforts de reconstruction devront être menés en parallèle de l’action humanitaire, pour garantir une « transition efficace » de celle-ci vers la reconstruction à grande échelle, englobant « à la fois la bande de Gaza et la Cisjordanie », précisent l’ONU et l’UE.

Le rapport souligne que la reconstruction « doit être menée par les Palestiniens » et intégrer les approches (…) qui soutiennent activement le transfert de la gouvernance à l’Autorité palestinienne », conformément à la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l’ONU.

Cette résolution a endossé en novembre le plan Trump pour Gaza et prévoit que le Conseil de paix sera chargé « de guider la reconstruction de Gaza et d’en coordonner le financement ».

L’UE et l’ONU soulignent aussi qu’un ensemble de « conditions favorables » doivent être réunies pour que la résolution 2803 et la reconstruction soient effectivement mises en oeuvre.

Parmi ces conditions, figurent notamment « un cessez-le-feu durable et une sécurité adéquate », « un accès humanitaire sans entrave », « le rétablissement immédiat des services essentiels » ainsi que « la libre circulation des personnes, des biens et des matériaux » à l’intérieur et entre Gaza et la Cisjordanie.

« Sans ces conditions, ni le redressement ni la reconstruction ne peuvent aboutir », ont-elles souligné.

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