Casa Urban Gnawa : quand la tradition Gnawa investit les espaces culturels de Casablanca

La compagnie 2K.FAR tente de faire dialoguer patrimoine Gnawa et création contemporaine à travers un projet associant jeunes issus de milieux divers. La performance finale aura lieu le 19 avril place des Nations Unies à Casablanca.

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Pour la 26ème édition du festival Gnaoua à Essaouira, c'est une parade haute en couleurs qui a lancé les festivités. Crédit: Yassine Toumi/TelQuel

C’est dans plusieurs espaces culturels de Casablanca que se déroule, durant le mois d’avril, le projet « Casa Urban Gnawa ». Porté par l’association et compagnie artistique 2K.FAR, il réunit des jeunes issus de milieux différents autour d’ateliers mêlant culture Gnawa et pratiques artistiques contemporaines. Une série de sessions animées par le chorégraphe Khalid Benghrib, fondateur de la structure, avant une performance finale ouverte au grand public le 19 avril place des Nations Unies, à Casablanca.

L’initiative s’inscrit dans un contexte où plusieurs acteurs culturels et institutionnels cherchent à investir l’espace urbain comme lieu de médiation sociale, notamment auprès des jeunes. D’après Khalid Benghrib, « Casa Urban Gnawa » se présente comme une tentative de « croiser deux registres souvent traités séparément : d’un côté, un patrimoine musical et spirituel ancré dans la tradition marocaine ; de l’autre, des formes d’expression contemporaines comme la danse urbaine ».

Plusieurs lieux, une même démarche

Les ateliers se déroulent dans quatre espaces culturels distincts de la ville : le Centre Noujoum de la Fondation Ali Zaoua, L’Uzine de la Fondation Touria et Aziz Tazi, l’American Arts Center et l’Instituto Español Juan Ramón Jiménez. Le choix de ces lieux, aux profils et aux publics différents, reflète une volonté de ne pas cantonner le projet à un seul milieu ou à une seule audience.

Chacun de ces espaces accueille des sessions conçues comme des moments de création collective, où la transmission de la culture Gnawa sert de point d’ancrage à une démarche plus large de rencontre entre participants.

C’est Khalid Benghrib qui anime l’ensemble de ces ateliers. Chorégraphe et pédagogue, il développe depuis plusieurs années une approche artistique à la croisée de la danse contemporaine, des pratiques urbaines et des héritages culturels marocains.

Son travail porte sur les liens entre corps, mémoire et espace, avec une attention particulière portée à l’accessibilité et à la diversité des publics. « Dans le rythme du Gnawa, les différences s’effacent : il ne reste que des jeunes qui se rencontrent, se reconnaissent et avancent ensemble », indique-t-il.

Un réseau de partenaires institutionnels

Le projet bénéficie du soutien du ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, ainsi que de plusieurs instituts culturels internationaux présents au Maroc : l’Institut Cervantes, l’Institut français de Casablanca et la Società Dante Alighieri.

Des acteurs culturels locaux comme Casamémoire et l’American Arts Center, ainsi que les fondations Ali Zaoua et Touria et Aziz Tazi, figurent également parmi les partenaires. La participation conjointe d’institutions publiques marocaines et d’instituts culturels étrangers à un même projet artistique de proximité reste une configuration relativement peu courante dans le paysage culturel casablancais.

Le projet se conclura le 19 avril par une restitution publique place des Nations Unies, espace symbolique en plein cœur de Casablanca. Ce moment, ouvert à tous, vise, d’après les organisateurs, à donner une visibilité au travail mené durant les ateliers et à inscrire la démarche dans l’espace public, au-delà des murs des structures culturelles partenaires.

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