Affaire du psychiatre de Fès : révélations sur des séances de sexe collectif et usage de drogues

De lourdes révélations ont marqué, lundi 23 février, l’audience tenue dans la salle 2 de la Cour d’appel de Fès, consacrée à l’examen de l’affaire du psychiatre et de ses coaccusés, poursuivis pour exploitation sexuelle de patientes souffrant de troubles psychiques, soumission à des séances thérapeutiques suspectes mêlées à des pratiques assimilées à la sorcellerie, ainsi qu’incitation à la consommation de drogues dures. La prochaine audience est prévue pour le 2 mars.

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Au cours des débats, les accusés et les déclarantes ont évoqué des faits particulièrement troublants, parmi lesquels l’organisation de séances de sexe collectif auxquelles le psychiatre aurait pris part aux côtés de ses partenaires, ainsi que des relations jugées « déviantes » et des réunions marquées par la consommation de cocaïne et de comprimés hallucinogènes.

L’audience a débuté par la présentation, par le conseiller Mohammed Benmaâchou, de la chronologie des faits. L’affaire a été déclenchée à la suite d’une plainte déposée par l’épouse du médecin, après la découverte de son infidélité à son retour d’un voyage en France, auquel il avait refusé de l’accompagner, préférant rester au Maroc.

Selon les éléments exposés lors de l’audience, l’épouse affirme avoir découvert, en consultant le téléphone de son mari à son retour, des vidéos documentant des soirées de sexe collectif organisées au domicile conjugal, dont certaines montreraient des pratiques sexuelles impliquant l’usage d’objets en plastique.

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Confronté à ces éléments, le médecin a reconnu l’existence des vidéos, notamment une séquence le montrant aux côtés de plusieurs hommes et femmes nus dans le salon de son domicile, alors qu’une femme le caresse. Il a toutefois nié avoir exploité la moindre patiente sans son consentement, estimant que son épouse chercherait à se venger après qu’il a mis en doute la paternité du fœtus qu’elle portait et exigé un test de filiation (ADN).

Cette version a été contestée par l’une des plaignantes, qui a affirmé avoir été victime d’exploitation sexuelle de la part du psychiatre. Elle a indiqué qu’il lui imposait des rituels étranges lors de ce qu’il présentait comme des séances de thérapie : jouer de la cithare, bégayer, répéter des formules incompréhensibles, ce qui suscitait en elle un profond sentiment de peur, avant de la rassurer par des paroles telles que : « Tu es en sécurité, ma chérie ».

D’autres plaignantes ont confirmé, dans leurs procès-verbaux devant la police judiciaire, avoir également subi des abus sexuels, que ce soit dans son cabinet, à son domicile, dans sa voiture, ou encore dans un riad de la médina dirigé par un ressortissant belge, où étaient organisées des soirées libertines animées par des groupes de musique gnaoua et ponctuées de séances de sexe collectif. Il a également été indiqué que la direction du riad omettait délibérément d’enregistrer certains visiteurs.

Les plaignantes, issues de milieux sociaux variés, ont aussi déclaré que le médecin leur fournissait des doses de cocaïne et de comprimés hallucinogènes, entraînant leur dépendance. L’une d’elles a affirmé avoir dû vendre son appartement situé dans un quartier huppé de Fès pour financer sa consommation.

Interrogé à ce sujet, l’accusé a répondu d’une manière qui a surpris l’assistance, affirmant qu’il expérimentait une « thérapie à base de cocaïne » sur lui-même avant, selon ses dires, de l’appliquer à ses patients.

Parmi les éléments soulevés à l’audience figure également la relation entre le médecin et un photographe poursuivi dans la même affaire et placé en détention. Ce dernier a reconnu avoir filmé des séquences intimes impliquant le médecin et avoir entretenu avec lui des relations sexuelles qualifiées de « déviantes ».

À l’issue de la séance, il a été décidé de reporter l’affaire au 2 mars prochain.