Arrestation de Pause Flow : la polémique enfle autour des libertés artistiques

L’arrestation du rappeur Jawad Asradi, alias Pause Flow, le 18 novembre, et son placement en détention préventive, ont relancé le débat sur la liberté d’expression artistique au Maroc. Le jeune artiste, qui vient d'être libéré sous caution ce jeudi en attendant l'ouverture de son procès le 11 décembre, est poursuivi pour des paroles jugées offensantes envers des institutions publiques et des fonctionnaires.

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Le rappeur Pause Flow a été arrêté le 18 novembre et placé en détention provisoire à la prison locale de Sefrou. Crédit: DR

Le rappeur Jawad Asradi, alias Pause Flow, a été arrêté mardi 18 novembre à Casablanca, et a comparu le 20 novembre devant la justice. Il est poursuivi pour “outrage à une instance organisée” et “outrage à des fonctionnaires”, à cause de certains passages de ses chansons, qui seraient notamment en lien avec les manifestations de la “GenZ” organisées en septembre.

Placé en détention préventive à la prison locale de Sefrou, sa remise en liberté provisoire a d’abord été refusée, avant qu’il ne soit finalement libéré ce jeudi 27 novembre sous caution. Selon les informations obtenues par TelQuel Arabi, le tribunal a fixé le montant de la caution à 100 000 dirhams pour permettre la poursuite du rappeur en état de liberté.

Jawad Asradi devrait quitter la prison locale de Sefrou plus tard dans la journée, une fois accomplies les procédures administratives et juridiques nécessaires et après le dépôt du montant de la caution auprès de la caisse du tribunal.

Son procès, devant le tribunal de première instance de Sefrou, a été reporté au 11 décembre.

Cette affaire intervient alors qu’un autre rappeur a récemment été condamné, Hamza Raid, pour participation aux manifestations de la “GenZ” en septembre. Ce dernier a écopé d’un mois avec sursis et de 2.000 dirhams d’amende.

Vague de soutien

L’arrestation de Pause Flow a provoqué une vague de réactions, notamment au sein de la gauche et du milieu du rap. À côté des prises de position politiques et artistiques, la mobilisation s’est également déplacée vers les réseaux sociaux, où le hashtag #FreePause circule largement depuis plusieurs jours.

Des centaines d’internautes, fans, artistes et militants y expriment leur soutien au rappeur, dénonçant une poursuite jugée disproportionnée et réclamant sa libération immédiate.

 

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  • La Jeunesse démocratique progressiste parle de “recul inquiétant” des libertés publiques

Le Mouvement de la Jeunesse démocratique progressiste (PSU) a dénoncé mercredi dans un communiqué un “resserrement systématique des libertés” visant les voix critiques, en particulier celles issues des milieux jeunes et artistiques. “Sa demande de mise en liberté provisoire a été rejetée, situation qui témoigne d’un recul inquiétant des libertés publiques et d’expression artistique dans notre pays”, souligne le Mouvement, qui demande la libération immédiate du rappeur et l’arrêt des poursuites.

  •  Don Bigg dénonce une “absurdité judiciaire”

Le rappeur Don Bigg a exprimé dans une story sur Instagram sa solidarité avec Pause Flow et le rappeur Hamza Raid. Il a jugé “incompréhensible” la multiplication des poursuites visant des artistes pour le contenu de leurs chansons, estimant que la justice doit se concentrer sur des dossiers plus prioritaires.

  • La députée Fatima Tamni interpelle Bensaid

Dans une lettre officielle adressée au ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, la députée de la Fédération de la gauche démocratique (FGD) Fatima Tamni dénonce les poursuites engagées contre Pause Flow, estimant qu’elles constituent une “grave restriction de la liberté d’expression et de création”. 

 

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Elle interroge directement le ministère sur les raisons de cette procédure et appelle à revoir la manière dont sont traités les jeunes artistes qui reflètent la réalité à travers leur art.

Cette position a été saluée par les proches de l’artiste, qui y voient une étape importante dans sa défense et remercient l’élue de gauche pour son initiative et son soutien explicite à la liberté d’expression.

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