Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tahraoui, a déclaré, ce mercredi lors de la réunion de la Commission des secteurs sociaux à la Chambre des représentants — convoquée par le gouvernement pour clarifier les points soulevés au sujet des marchés de médicaments —, que « le contrat d’approvisionnement du marché en potassium a été attribué à une entreprise productrice locale dans le cadre d’un processus d’appel d’offres strict, et non à une entreprise importatrice disposant d’une licence temporaire comme cela a été affirmé au Parlement », faisant référence aux accusations du groupe parlementaire Justice et Développement selon lesquelles le ministère aurait accordé une licence à une entreprise qui importait le médicament de Chine.
Concernant les allégations de conflit d’intérêts, Tahraoui a expliqué que « les marchés publics ne sont pas conclus avec des personnes physiques, mais avec des entreprises régies par le droit commercial ».
Il a poursuivi en déclarant que « toutes les opérations d’acquisition de médicaments se font exclusivement dans le cadre de la loi et sont soumises au système des marchés publics et à un décret qui définit précisément les règles de concurrence, les conditions de participation, les procédures de candidature ainsi que les principes de transparence et d’égalité des chances ».
Il a précisé que ces marchés sont soumis à « un contrôle strict des services compétents, ce qui rend les décisions d’achat insensibles aux interprétations personnelles ou aux décisions individuelles ».
Le ministre a ajouté que le développement d’un cadre relatif aux conflits d’intérêts « n’est pas une question propre au seul secteur de la santé, mais constitue un chantier législatif collectif que le Parlement peut élaborer sous la forme qu’il jugera adéquate », rappelant que « l’administration s’engage à appliquer les lois en vigueur telles qu’elles sont, sans sélectivité ni exceptions ».
Il a souligné que la gestion des autorisations de médicaments était auparavant confiée à une direction interne au ministère, qui avait fait l’objet de plusieurs rapports de contrôle et missions d’enquête ayant unanimement conclu à l’existence de déséquilibres structurels dans l’ancien système, recommandant clairement la création d’une agence nationale indépendante chargée de la gestion des médicaments et des produits de santé.
Le responsable gouvernemental a indiqué que la réforme du système de santé constitue « un chantier national stratégique et une pierre angulaire dans la construction de l’État social », appelant à « élever le niveau du discours public et à le prémunir contre les surenchères qui ne servent ni le citoyen ni la patrie ».
Le ministre a enfin précisé que sa présence devant la commission « n’est pas une formalité », mais « un message clair », soulignant que « le débat institutionnel au sein de la commission est le cadre naturel et sain pour discuter de tout ce qui concerne le dossier des médicaments, qu’il s’agisse des marchés publics, des autorisations exceptionnelles ou des allégations liées aux conflits d’intérêts ».
