La réaction de Bouanou, publiée dans un post sur Facebook, intervient après le démenti du ministère concernant les accusations qu’il avait soulevées au Parlement au sujet de « soupçons de corruption et de conflits d’intérêts » dans un marché public lié à l’importation du chlorure de potassium.
Il insiste sur le fait que « la véritable réponse » à ses interrogations concernant les autorisations de médicaments et leur importation doit passer par « une commission d’enquête parlementaire ».
Bouanou estime que la publication du communiqué du ministère, au moment où la Chambre des représentants était mobilisée par le vote du projet de loi de finances, « porte en elle une forme de menace et vise à tromper l’opinion publique sur les scandales des marchés du ministère de la Santé et les soupçons qui les entourent ».
Le président du groupe du PJD critique vigoureusement le contenu du communiqué, qu’il juge « vide sur le fond », et décrit comme « un texte généraliste, plein de formulations creuses qui ne permettent ni démenti ni clarification », visant plutôt « à esquiver la vérité ».
Selon lui, il est « regrettable que le ministère se transforme en porte-parole de lobbies bien connus, au lieu de se consacrer à l’amélioration des services publics de santé ».
Bounou reproche également au ministère d’avoir ignoré ce qu’il considère comme le cœur du problème : les « autorisations temporaires d’utilisation » (ATU). Il affirme que le communiqué n’a apporté « aucun élément ni information » à ce sujet, entretenant « une ambiguïté totale ».
Le parlementaire appelle les rédacteurs du communiqué à « expliquer ce type d’autorisations et leurs procédures », les invitant à « publier la liste des entreprises bénéficiaires ainsi que les noms de leurs propriétaires, pour davantage de transparence ».
Il assure que son parti ne renoncera pas à son rôle de contrôle, rappelant : « Au PJD, nous n’avons pas résisté toutes ces années pour être intimidés par des communiqués nocturnes, alors que nous ne faisons que notre devoir de contrôle en révélant certaines formes de corruption ».
Le ministère de la Santé et de la Protection sociale a publié, jeudi soir, un communiqué niant « catégoriquement » les accusations de Bouanou concernant « l’octroi d’avantages ou de monopoles » dans l’importation du chlorure de potassium.
Le ministère explique que la pénurie survenue sur le marché national était due « à un arrêt temporaire de la production locale » par une entreprise nationale en raison de travaux d’extension, et que l’Agence marocaine des médicaments était intervenue conformément à la loi afin de garantir la continuité des soins.
Il affirme avoir « accordé de manière temporaire des autorisations d’importation de cette substance vitale à plusieurs entreprises », des autorisations « exceptionnelles, ouvertes et soumises à des conditions strictes ».
Le ministère précise que l’acquisition de la matière s’est faite « exclusivement via un appel d’offres légal et transparent », soulignant que ces autorisations temporaires « ne confèrent aucun avantage dans les marchés publics ».
