Accusations de conflit d’intérêts : Bouanou persiste à mettre en cause le ministre de la Santé

Abdellah Bouanou, président du groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement (PJD) à la Chambre des représentants, a réaffirmé ses accusations à l’encontre du ministre de la Santé et de la Protection sociale concernant l’octroi d’un marché public de médicaments à un autre ministre, estimant que les éléments soulevés au sujet d’un possible conflit d’intérêts nécessitent une clarification et que la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire constitue la solution adéquate.

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Abdellah Bouanou (PJD) au Parlement en novembre 2025. Crédit: Rachid Tniouni/TelQuel

Lors d’une réunion de la Commission des secteurs sociaux tenue ce mercredi à la Chambre des représentants au sujet des marchés publics des médicaments, Bouanou a déclaré que « le ministre à qui le marché a été attribué s’est retiré de plusieurs entreprises et a vendu ses parts dans certaines d’entre elles, mais l’entreprise concernée par ce marché est gérée par son frère, et son épouse ainsi que sa fille y détiennent des actions ».

Le président du groupe parlementaire du PJD a précisé que ce qui a été évoqué au sujet de ces marchés « n’est pas une allégation gratuite », exprimant sa disposition à assumer l’entière responsabilité de ses propos, tout en soulignant que la vérité doit être établie par une commission d’enquête.

Bouanou a révélé de nouvelles données concernant les marchés de l’entreprise en question, affirmant que « les transactions de cette entreprise avec le ministère au cours de l’année 2024 s’élèvent à zéro, tandis que le chiffre d’affaires réalisé avec les centres hospitaliers universitaires a atteint près de 8 millions de dirhams. En 2025, le volume des transactions avec le ministère est passé à 32 millions de dirhams, et à 50 millions de dirhams avec les centres hospitaliers universitaires ».

Il a ajouté que le groupe parlementaire du PJD « n’a aucun problème avec les investisseurs ni avec les hommes d’affaires, et la preuve en est que des gouvernements précédents comprenaient des ministres investisseurs », avant de préciser : « Nous n’avons de problème avec personne ».

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Bouanou a souligné que le communiqué publié récemment par le ministère de la Santé « n’a apporté aucun élément nouveau », affirmant que seule une commission d’enquête est capable « de me condamner si j’ai commis une erreur, ou de confirmer la véracité des informations si elles sont correctes », ajoutant qu’il a entendu dire que le parquet s’était saisi de l’affaire.

Il a conclu : « Nous respectons la justice et nous l’estimons, et il existe une coopération entre les pouvoirs. Nous avons demandé une commission d’enquête, et l’intervention de tout autre acteur dans ce dossier est, selon nous, une atteinte aux prérogatives du Parlement », insistant sur le fait que les conclusions de cette commission « trancheront toutes ces problématiques et détermineront les responsabilités ».