Farine subventionnée : la Fédération des boulangeries dénonce des “inexactitudes”

La Fédération marocaine des boulangeries et pâtisseries a exprimé sa profonde surprise face aux déclarations du ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, lors de la discussion du projet de loi de finances, affirmant que « l’État subventionne les céréales afin de maintenir le prix du pain à 1,2 dirham ».

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Des jeunes travaillant dans une boulangerie à Meknès, en mai 2025. Crédit: Karim El Haddady/TelQuel

La Fédération estime que ces propos sont inexacts et contraires à la réalité, soulignant qu’aucun texte légal ne fixe un prix de référence pour le pain et que la tarification du pain relève de la loi sur la liberté des prix et de la concurrence.

Elle a appelé le gouvernement à nommer les choses par leur nom, expliquant que la farine subventionnée est utilisée par tous les Marocains et dans diverses activités : usage domestique, industries alimentaires, biscuiterie, pâtisserie et autres usages n’ayant aucun lien direct avec la production du pain.

La Fédération indique également que les minoteries ne respectent pas toujours le prix de 3,5 dirhams pour la farine, qu’elles extraient plus de 14 produits à partir des céréales subventionnées — dont certains dépassent les 5 à 6 dirhams le kilogramme — et affirme que les métiers de la boulangerie et de la pâtisserie ne reçoivent aucun soutien financier de l’État, alors qu’ils sont responsables de la production de l’aliment de base des Marocains : le pain.

Compte tenu de la symbolique, de la vitalité et du caractère stratégique de ce secteur, la Fédération renouvelle sa demande d’adopter une loi encadrant la profession, définissant les conditions d’exercice, garantissant la durabilité et la qualité, et protégeant les droits des investisseurs, des professionnels et des consommateurs.

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Elle appelle également le gouvernement à ouvrir un dialogue sérieux et responsable pour examiner les dysfonctionnements du secteur, notamment la hausse des coûts énergétiques et son impact direct sur les coûts de production, ainsi que l’intégration du secteur informel pour garantir une concurrence loyale et lutter contre le désordre.

La Fédération insiste aussi sur la nécessité de programmes de mise à niveau et d’organisation pour accompagner les transformations économiques et sociales, ainsi que la formation et l’encadrement de la main-d’œuvre afin d’assurer qualité et sécurité alimentaire.

Enfin, la Fédération réitère sa demande d’élaborer un cahier des charges spécifique pour la farine destinée au pain, avec l’obligation d’inscrire la fiche technique sur les sacs d’emballage, et d’abandonner les sacs en plastique au profit de sacs en papier afin de préserver la qualité de la farine et de respecter les normes sanitaires et environnementales.