5.000 écoles sans eau, 30.000 médecins manquants... Nizar Baraka promet des mesures urgentes

Nizar Baraka, secrétaire général du Parti de l’Istiqlal et ministre de l’Équipement et de l’Eau, a annoncé dimanche soir que la majorité gouvernementale tiendra ce lundi une réunion consacrée au lancement de mesures urgentes ayant un impact direct sur les citoyens, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation.

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Nizar Baraka au Parlement, le 3 février 2025. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Invité de l’émission “Nkounou Wadhihine” sur 2M, Baraka a révélé que près de 5.000 écoles rurales ne disposent pas d’accès à l’eau, une situation particulièrement problématique pour les filles. Le ministère prévoit le lancement d’un programme national de mise à niveau pour remédier à cette situation dans les plus brefs délais.

Sur le volet sanitaire, le ministre a annoncé la publication imminente d’un décret fixant les prix des médicaments, soulignant que la gouvernance du secteur reste l’un des défis majeurs. Selon lui, la pénurie de certains médicaments résulte principalement de défaillances dans leur distribution, que la réforme à venir vise à corriger. Objectif : assurer un accès équitable et abordable aux traitements pour l’ensemble des citoyens.

Baraka a rappelé que le secteur de la santé souffre d’un déficit de 30.000 médecins, malgré une hausse de 65 % du budget et la construction ou réhabilitation de 900 à 1.000 dispensaires. Il a indiqué que les nouveaux CHU d’Agadir et de Laâyoune ouvriront avant la fin de l’année, dans le cadre d’une politique visant à doter chaque région de son propre centre hospitalier universitaire.

Pour faire face à la pénurie de personnel, le gouvernement a fait appel à environ 500 médecins étrangers exerçant actuellement au Maroc, un nombre jugé encore insuffisant. Les salaires des médecins du secteur public ont été relevés de 8.000 à 12.000–13.000 dirhams par mois, dans le but de rendre la fonction publique plus attractive. Une nouvelle expérience pilote sera lancée dans la région de Tanger–Tétouan–Al Hoceima, où les rémunérations seront indexées sur la performance et la productivité.

Sur le plan politique, le secrétaire général de l’Istiqlal a affirmé que le gouvernement assume pleinement la responsabilité de son bilan, qu’il s’agisse des réussites ou des échecs. « Nous ne craignons pas de rendre des comptes », a-t-il assuré, ajoutant qu’il est prêt à fournir à tout moment des données précises sur les réalisations de son ministère. « Parler d’eau, c’est parler de la dignité des citoyens », a-t-il insisté.

Interrogé sur la promesse de création d’un million d’emplois, Baraka a reconnu que l’objectif reste difficile à atteindre dans un contexte marqué par la sécheresse, les conséquences de la guerre en Ukraine et la faible capacité du secteur privé à suivre le rythme des investissements publics.

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Revenant sur l’évolution de l’action gouvernementale depuis 2011, il a rappelé que le discours royal du 9 mars 2011 avait constitué un tournant, en conférant à l’exécutif des pouvoirs élargis pour conduire les politiques publiques.

“Nous reconnaissons les difficultés passées et présentes, mais nous vivons aujourd’hui une transformation réelle”

Nizar Baraka, ministre de l'Equipement et de l'Eau sur 2M

Concernant la scène politique actuelle, il a estimé qu’elle manque d’alternative claire, dans la mesure où tous les grands partis ont déjà exercé des responsabilités gouvernementales. Il prévoit que les élections législatives précéderont les communales, tout en exprimant sa crainte d’un taux de participation faible, invitant les partis à renouveler leurs méthodes de communication pour regagner la confiance des citoyens.

Abordant enfin le chantier royal de généralisation de la protection sociale, Baraka a rappelé que l’État y consacre 10 milliards de dirhams via le programme “AMO Tadamoun”, qui bénéficie à 12 millions de citoyens. Il a reconnu les défaillances du système Ramed, dont 30 % des bénéficiaires n’étaient pas réellement éligibles, mais a souligné que la couverture médicale atteint désormais entre 80 et 85 % de la population.

“Nous reconnaissons les difficultés passées et présentes, mais nous vivons aujourd’hui une transformation réelle”, a-t-il conclu, affirmant que le gouvernement procédera à une évaluation de l’AMO pour corriger les lacunes et améliorer l’efficacité du système.