Pour réduire leurs coûts, certains épiciers coupent l’alimentation de leurs appareils de réfrigération pendant plusieurs heures. Or, ces équipements contiennent souvent des denrées périssables qui exigent une température constante pour rester consommables. Les coupures prolongées favorisent leur dégradation, même si leur date de péremption est toujours valide. Des cas d’intoxications alimentaires liés à ces pratiques sont régulièrement signalés.
Des clients affirment constater chaque matin que les commerçants rallument leurs réfrigérateurs seulement à l’ouverture des magasins. Ils soulignent que le danger ne réside pas uniquement dans la date de péremption, mais surtout dans l’absence de respect des conditions de conservation. Certains déclarent avoir déjà subi des intoxications alimentaires à cause de produits ainsi mal conservés.
Bouazza Kherrati, président de la Fédération marocaine des droits du consommateur, met en garde contre une situation qui « relève autant d’un problème éthique que technique ». Selon lui, l’extinction nocturne des appareils est devenue quasi généralisée, conséquence d’un manque de formation professionnelle et de sensibilisation aux risques. Il pointe aussi le manque de contrôles rigoureux sur le terrain.
Il dénonce par ailleurs des pratiques plus graves encore, telles que le reconditionnement de produits périmés (notamment le poulet), ou la réutilisation de lait et de dérivés en dehors de tout encadrement sanitaire.
Depuis 2010, après la suppression des services de répression des fraudes, les missions de contrôle ont été dispersées entre plusieurs organismes, dont l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA). La loi 28.07 n’a pas introduit d’exigence stricte en matière de qualité, ce qui laisse place à des abus, selon lui.
En l’absence d’une surveillance régulière et stricte, la responsabilité repose difficilement sur les commerçants, puisque la date de péremption reste imprimée sur l’emballage. Le consommateur demeure donc le maillon le plus vulnérable, exposé à des risques sanitaires pour un simple « gain » sur la facture d’électricité.
