Dans un entretien avec Europa Press, Eddie Wilson, directeur général de la low-cost irlandaise, a dénoncé « l’indifférence » du gouvernement espagnol qui laisse, selon lui, les infrastructures régionales « se détériorer et rester sous-utilisées ». Il accuse également Aena d’agir « en monopole » en augmentant ses tarifs alors que d’autres pays européens, comme l’Italie ou la Suède, baissent leurs coûts d’accès pour attirer du trafic.
“La balle est dans le camp du gouvernement espagnol”
Ryanair, qui est la première compagnie aérienne en Espagne, prévoit de réaffecter sa capacité vers des marchés jugés plus compétitifs, comme l’Italie, la Croatie, la Hongrie, la Suède et le Maroc. « Si les aéroports sont vides, c’est que le prix est mauvais », a tranché Wilson.
Ces coupes s’ajoutent aux réductions déjà opérées cet été : fermeture totale des bases de Jerez et Valladolid, retrait d’un avion basé à Santiago (soit 100 millions de dollars d’investissement) et baisse drastique du trafic à Vigo (-61 %), Santiago (-28 %), Saragosse (-20 %), Asturies (-11 %) et Santander (-5 %). Au total, la compagnie avait déjà réduit de 18 % sa capacité estivale, soit 800.000 sièges et 12 routes supprimées.
En revanche, Ryanair continuera de se renforcer sur les grands hubs comme Madrid, Barcelone, Malaga, ainsi qu’aux Baléares et aux Canaries. Wilson estime « absolument nécessaire » d’accroître la capacité des grandes plateformes espagnoles, mais critique des investissements financés « par les compagnies à travers les redevances et non par Aena elle-même ».
Selon lui, l’Espagne risque de perdre encore davantage de connectivité et d’investissements si elle ne réforme pas la gestion de ses aéroports régionaux. « La balle est dans le camp du gouvernement espagnol », a-t-il conclu.
